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BlackBerry pourrait cesser de fabriquer des téléphones

10/04/2014 08:38 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

BlackBerry est prêt à cesser de fabriquer des téléphones, si cette activité reste déficitaire, a déclaré à Reuters John Chen, le directeur général de la société canadienne, ajoutant vouloir se renforcer sur le marché des services aux entreprises, y compris par le biaisd'acquisitions et d'alliances.

« Si nous ne pouvons pas gagner de l'argent avec les portables, je ne veux plus être dans les portables », a-t-il dit lors d'un entretien mercredi, soulignant que le groupe avait peu de temps pour trancher cette question.

Arrivé à la tête de BlackBerry à la fin de l'année dernière, John Chen avait pourtant déclaré fin février, à l'occasion de l'annonce d'un recentrage sur les services, que l'activité de téléphones restait stratégique pour l'entreprise.

Autrefois incontournable pour les dirigeants d'entreprises et les hommes politiques en raison du degré de protection de sa messagerie, le groupe canadien a vu sa part de marché s'écrouler Par rapport à la concurrence de produits tels que l'iPhone d'Apple et des téléphones utilisant le système d'exploitation mobile Android de Google.

Au pic de sa gloire, BlackBerry avait livré 52,3 millions de téléphones sur l'exercice financier 2011. Ce chiffre est tombé à moins de deux millions sur le trimestre clos le 1er mars.

John Chen a précisé qu'il devait être possible de rendre l'activité téléphones rentable à partir de 10 millions d'unités livrées par an.

Sécurité et « machine-to-machine »

Sur le dernier trimestre 2013-2014, BlackBerry a subi une perte moins importante que prévu, mais également un plongeon de 64 % de son chiffre d'affaires, des données qui montrent l'ampleur de la tâche de John Chen.

Ce dernier a déclaré que l'entreprise était bien partie pour renouer avec une génération de trésorerie positive d'ici la fin de l'exercice financier qui vient de commencer, et que BlackBerry devait renouer avec les bénéfices durant l'exercice 2015-2016.

Outre la priorité réaffirmée au segment des entreprises, qui avait fait la fortune de l'entreprise avant sa chute, John Chen a évoqué des pistes à plus long terme telles que les possibilités offertes par l'essor des objets et machines connectés.

Il a ajouté ne pas pouvoir dire quand le « machine-to-machine » ("M2M") allait devenir un secteur d'activité de premier plan, tout en se disant convaincu que cela interviendrait un jour.

« Nous ne sommes pas intéressés uniquement par les appareils BlackBerry. Nous sommes intéressés par la gestion de toutes les machines qu'on voudrait mettre en communication les unes avec les autres », a souligné John Chen.

« Pour réaliser notre rêve de devenir un acteur majeur du M2M, nous devons nouer d'autres partenariats », a-t-il poursuivi, évoquant notamment la possibilité d'alliances avec des opérateurs télécoms.

John Chen, qui passe pour un virtuose du redressement d'entreprises technologiques en difficulté, a écarté l'idée de s'engager frontalement dans une surenchère sur le marché des applications de messagerie avec des groupes comme Facebook, qui a récemment déboursé 19 milliards de dollars pour racheter Whatsapp.

« Nous n'allons pas nous attaquer à Whatsapp. Nous allons nous concentrer sur les communications sécurisées, la messagerie sécurisée », a-t-il dit à propos de la plate-forme BBM de BlackBerry.

Plus largement, il s'est dit déterminé à ne pas se laisser distraire par le marché grand public.

« Nous n'allons pas dépenser encore plus d'argent pour la toute dernière version d'Angry Birds », a-t-il dit en référence à l'un des jeux vidéo sur mobile les plus populaires de ces dernières années.

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