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Un directeur de radio porté disparu au Rwanda (RSF)

09/04/2014 10:22 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le directeur de la radio confessionnelle rwandaise Amazing Grace, Cassien Ntamuhanga, a disparu lundi après avoir assisté aux commémorations du génocide de 1994 dans son pays, a indiqué mercredi l'association Reporters sans frontières (RSF), faisant part de sa "préoccupation extrême".

"Nous sommes extrêmement préoccupés par cette disparition inexpliquée du journaliste Cassien Ntamuhanga. Sans faire de procès d'intention au régime du président (Paul) Kagame, le pays a malheureusement un sombre historique récent de disparitions mystérieuses de journalistes et d'opposants, leurs corps sans vie et leurs véhicules étant retrouvés quelques temps après", a déclaré Cléa Kahn-Sriber, responsable du Bureau Afrique de RSF, citée dans un communiqué.

Selon l'ONG de défense des journalistes, Cassien Ntamuhanga a disparu lundi soir après avoir assisté aux commémorations au Stade Amahoro de Kigali, tandis que les gardes de la radio ont vu un individu garer la voiture du journaliste devant les locaux dans la nuit de lundi à mardi.

"Le fait que la voiture ait été ramenée devant les locaux de la radio peut laisser supposer que le journaliste est toujours en vie et détenu. Nous appelons la police rwandaise à intensifier ses recherches et le gouvernement de Kigali à tout mettre en oeuvre pour aider à retrouver ce journaliste, en bonne santé et au plus vite", a lancé la responsable du Bureau Afrique de RSF.

Selon des sources contactées par RSF, Cassien Ntamuhanga avait été questionné à plusieurs reprises ces dernières semaines par des hommes du renseignement militaire, qui cherchaient des informations sur l'un de ses anciens collègues ayant fui le Rwanda en 2013.

A Kigali, le pasteur américain Gregory Schoof, propriétaire de la radio Amazing Grace, a indiqué à l'AFP que Cassien Ntamuhanga lui avait semblé "normal" quand il l'avait vu pour la dernière fois dimanche.

Il ne couvrait "rien de spécial le mettant en danger", a estimé le pasteur, soulignant que les émissions de la radio étaient surtout d'ordre religieux et que les informations générales qu'elles traite ne contenaient généralement "rien de controversé".

Des collègues de M. Ntamuhanga, interrogés par l'AFP, ont dit que celui-ci n'avait jamais évoqué devant eux de quelconques interrogatoires, ajoutant n'avoir pas entendu parler d'un journaliste ayant quitté le Rwanda en 2013.

M. Ntamuhanga "est assez célèbre au Rwanda", notamment depuis qu'il anime une émission sur l'environnement à la télévision nationale, selon le pasteur Schoof, qui a assuré que "les gens l'aiment beaucoup".

La police a ouvert une enquête, a assuré à l'AFP Urbain Mwiseneza, porte-parole de la police à Kigali, sans être en mesure de donner d'autres détails dans l'immédiat.

En mars, RSF avait déjà condamné "les pressions et actes d'intimidation intolérables" du gouvernement rwandais envers des journalistes dans le but d'étouffer la liberté de l'information et d'occulter tout reportage indépendant sur le pays, selon cette organisation.

Dans son classement mondial de la liberté de la presse 2014, RSF classe le Rwanda à la 162e place sur 180 pays.

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