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Ukraine: Washington sceptique sur l'issue d'une réunion avec Moscou

09/04/2014 08:37 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont fait part mercredi de leur scepticisme quant aux résultats d'une réunion quadripartite avec la Russie, l'Ukraine et l'Union européenne, les 16 ou 17 avril à Genève ou à Vienne, afin de tenter de régler la crise ukrainienne.

"Nous n'avons pas d'attentes fortes pour ces pourparlers, mais nous pensons qu'il est très important de laisser ouverte cette porte diplomatique", a déclaré la secrétaire d'Etat adjointe pour l'Europe, Victoria Nuland.

"Ce n'est pas comme si nous retenions notre respiration en attendant cette réunion", a également tempéré la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, refusant toute "prédiction" sur l'issue de cette rencontre à quatre.

Annoncée mardi entre les Etats-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'Ukraine, cette rencontre "devrait" se tenir le 17 avril à Vienne, a dit un diplomate européen à Bruxelles. Mais un homologue américain à Washington a évoqué aussi le 16 avril, et Genève plutôt que la capitale autrichienne.

Mais le lieu, la date et le programme précis de cette rencontre quadripartite n'ont pas encore été officiellement annoncés.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov étaient convenus lundi de la tenue de "pourparlers directs" entre les quatre acteurs de la crise, pour tenter de l'apaiser.

Moscou a souhaité que les pro-russes d'Ukraine puissent y être représentés.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a annoncé sa participation aux côtés de MM. Lavrov et Kerry et du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa.

MM. Kerry et Lavrov se sont parlés à deux reprises mercredi et l'Américain a exprimé une nouvelle fois auprès du Russe ses "inquiétudes face à l'escalade dans l'est" russophone de l'Ukraine, selon Mme Psaki. Ils "ont discuté de l'importance de résoudre pacifiquement et par le dialogue les problèmes de sécurité dans des villes de l'Est et ont rejeté l'usage de la force pour remplir des objectifs politiques", a rapporté le département d'Etat.

La situation dans l'Est y restait effectivement tendue, pro-russes et loyalistes ukrainiens se faisant toujours face, sous la menace de milliers de soldats russes massés à la frontière.

La plus haute diplomate américaine pour l'Europe, Mme Nuland, a répété les propos de John Kerry tenus mardi, accusant la Russie d'être derrière les troubles dans l'est de l'Ukraine et de chercher à y provoquer le "chaos".

"Loin d'être une série d'évènements spontanés, ces incidents portent tous la marque d'une campagne orchestrée d'incitation, de séparatisme et de sabotage de l'Etat ukrainien avec l'aide des services de sécurité russes", a-t-elle déclaré devant une commission du Congrès.

"Nous n'avons aucun doute sur le fait la main et l'argent de la Russie sont derrière ces agissements des derniers jours", a renchéri Mme Psaki.

Mme Nuland a aussi mis en garde le président russe Vladimir Poutine en cas de menace contre les pays membres de l'Otan, voisins de Moscou: "Notre message à Poutine et à la Russie est clair: le territoire de l'Otan est inviolable".

Elle a enfin fait état "d'informations sur des violations des droits de l'homme en Crimée, depuis l'occupation russe", sans plus de précisions.

nr/gde

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