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Soudan du Sud: MSF dénonce «l'indifférence» des Nations unies

09/04/2014 01:41 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

PARIS - Médecins Sans Frontières a lancé mercredi une attaque en règle contre la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), à qui elle reproche son refus de déplacer 21 000 réfugiés d'une base onusienne vers un emplacement plus élevé à l'approche de la saison des pluies.

MSF affirme que cette décision des hauts fonctionnaires de la MINUSS est le «signe d'une indifférence consternante» au sort de réfugiés qui restent ainsi exposées aux maladies hydriques et à de potentielles épidémies.

Médecins Sans Frontières dit remettre en question l'engagement de l'ONU à répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables. L'agence humanitaire condamne aussi les conditions sanitaires qui prévalent dans un des camps de l'ONU.

L'arrivée de la saison des pluies mettra les réfugiés en péril et MSF demande que le camp de Tomping, dans la capitale de Juba, soit élargi en utilisant les terrains non inondables disponibles dans le site.

La porte-parole des Nations unies au Soudan du Sud, Arianne Quentier, a dit que l'ONU est au fait des dangers dans le camp et que les réfugiés sont en voie d'être déplacés. Elle affirme que plus de 1500 personnes ont déjà été transférées.

«Nous sommes très préoccupés que la combinaison de congestion et de pluies abondantes transforme le site en piège mortel vulnérable à des épidémies de maladies hydriques comme le choléra, a-t-elle dit. Nous sommes confiants que tous les réfugiés auront été déplacés en mai, quand nous fermerons le camp de Tomping.»

Selon Stéphane Dujarric, autre porte-parole de l'ONU, le communiqué de Médecins Sans Frontières n'avait d'autre objectif que «de faire les manchettes».

«La Mission des Nations unies travaille très fort au Soudan du Sud pour s'assurer que quelques-unes des quelque 70 000 personnes actuellement hébergées dans des camps de l'ONU bénéficient de l'équipement approprié. Il s'agit d'un imposant défi pour plusieurs raisons, d'abord parce que la sécurité n'est pas au point où elle devrait l'être, et aussi parce que les ressources dont a besoin l'ONU ne sont pas vraiment là.»

«Nous faisons de notre mieux pour désencombrer les sites, pour encourager les gens à se déplacer de leur propre chef vers des endroits dotés de meilleurs services hygiéniques», a-t-il ajouté.

Le camp de Tomping, près de l'aéroport international de Juba, accueille des dizaines de milliers de réfugiés depuis que la violence a éclaté à la mi-décembre, entre les partisans du président en poste et de son ancien vice-président.

Les pluies ont rendu le camp boueux et de larges flaques d'eau se sont formées. MSF affirme que lorsque les premières pluies de la saison sont tombées, 150 latrines se sont effondrées et les eaux usées se sont mélangées aux eaux de l'inondation. L'organisme a rappelé que la responsable de la MINUSS, Hilde Johnson, a déclaré elle-même il y a quelques jours que le camp de Tomping «risquait de se transformer à tout moment en un piège mortel».

MSF estime qu'on manque maintenant de temps pour déplacer les 20 000 personnes qui s'entassent à Tomping, et qu'on devrait donc mieux utiliser l'espace disponible.

«Ils disent qu'il n'y a pas assez de place à Tomping, mais cet argument ne tient pas la route quand on voit de l'autre côté des barbelés des espaces de stationnement et de stockage bien au sec», a dénoncé la coordonnatrice d'urgence de MSF, Carolina Lopez.

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