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SNCF et Shoah: Washington veut boucler au plus vite ses négociations avec Paris

09/04/2014 06:19 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont affirmé mercredi vouloir boucler au plus vite leurs négociations avec la France sur d'éventuelles indemnisations de victimes et familles de victimes, aujourd'hui américaines, de l'Holocauste transportées par la SNCF entre 1942 et 1944.

Dans un communiqué du département d'Etat, le gouvernement fédéral américain déclare ainsi qu'il a la haute main sur les pourparlers commencés en février avec Paris et nie aux Etats fédérés américains le droit de légiférer en la matière. L'Etat du Maryland (est) a de fait failli demander à la SNCF, via un texte de loi, d'indemniser des victimes de la Shoah avant de pouvoir postuler à un contrat ferroviaire.

"Les Etats-Unis et la France ont entamé des négociations sur l'indemnisation de victimes de déportation par les chemins de fer français vers des camps de la mort et des camps de travail nazis ainsi que pour les familles des victimes", a rappelé la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, dans son communiqué.

"Nous avons pour but commun de conclure ces discussions aussi vite que possible", a-t-elle écrit.

Mais de "récentes initiatives de certains Etats, comme New York et le Maryland, ont commencé à poser de sérieux problèmes pour atteindre cet objectif" d'accord d'indemnisation, a déploré Mme Psaki.

Dans le Maryland, la SNCF a depuis lundi soir les mains libres pour postuler à un contrat de trois milliards de dollars. En effet, des élus de cet Etat fédéré ont finalement renoncé à demander à la SNCF d'indemniser les victimes avant de pouvoir postuler à cet appel d'offres portant sur la création et l'exploitation d'une ligne ferroviaire de 25 kilomètres.

Des élus dans l'Etat de New York (nord-est) ont aussi écrit à la SNCF en mars pour lui dire leur intention de la priver de contrats si elle n'indemnisait pas les victimes. Il existe des initiatives similaires en Californie (ouest) et en Floride (sud-est).

"Nous exhortons avec force toutes les parties concernées à éviter de prendre des mesures qui pourraient saper les discussions d'indemnisation en cours", a plaidé Mme Psaki.

Des négociations entre gouvernements américain et français sont en cours et des législations locales par des Etats fédérés ne sont pas nécessaires, insiste-t-on au sein de l'administration américaine.

Privilégiant donc des discussions directes entre l'Etat américain et l'Etat français, le département d'Etat estime ainsi que "l'actuel dialogue américano-français représente le meilleur moyen de parvenir à un accord qui réponde aux inquiétudes exprimées par les élus des Etats" fédérés.

Les négociations entre Paris et Washington visent à examiner le cas des Américains qui ne remplissaient pas les critères français de compensation, soit parce qu'ils avaient émigré, soit parce qu'ils étaient arrivés sur le sol français après le 1er septembre 1939.

Les deux gouvernements veulent boucler leurs discussions avant la fin de l'été 2014 et le nombre d'anciens déportés concernés est d'environ 250 selon l'association américaine Coalition for Holocaust Rail Justice.

nr/gde

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