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Près de 200 millions d'électeurs indonésiens sont appelés aux urnes

09/04/2014 10:05 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

DJAKARTA, Indonésie - Des dizaines de millions d'électeurs indonésiens étaient appelés aux urnes en une seule journée, mercredi, lors d'un scrutin qui mènera au choix d'un nouveau président.

Des résultats préliminaires accordent l'avance au principal parti d'opposition du pays. Le Parti démocratique du combat (PDI-P) récoltait environ 20 pour cent des votes. Son candidat présidentiel — le gouverneur de Djakarta, Joko Widodo, surnommé affectueusement Jokowi — devrait être élu à la tête du pays le 9 juillet.

L'ancien homme d'affaire est un nouveau-venu en politique nationale, mais il compte sur l'appui de millions de partisans qui aiment son style simple, ses origines humbles et sa volonté de tendre la main aux pauvres. Il arrivait en tête des sondages, en mars, avant même que sa formation politique n'en fasse son candidat présidentiel.

Quelque 200 000 candidats représentant 12 partis se disputaient les 20 000 sièges en jeu mercredi, dont environ 6600 candidats qui souhaitent occuper un des 560 sièges à la Chambre des représentants et 945 sièges au Sénat. Les autres briguaient des postes au sein d'assemblées locales et régionales.

Un décompte rapide réalisé par un organisme très respecté, le Indonesian Survey Circle, accordait la deuxième place au parti Golkar, avec 15 pour cent du vote, devant le Parti du mouvement de la Grande Indonésie et ses 12 pour cent.

Les partis doivent obtenir 20 pour cent des sièges à la Chambre des représentants ou 25 pour cent du vote populaire pour pouvoir présenter un candidat. Autrement, ils doivent former une coalition avec une autre formation.

«Grâce à Dieu le peuple a choisi le PDI-P, a déclaré M. Widodo, dont le parti est dirigé par l'ancien président Megawati Sukarnoputri et est exclu du pouvoir depuis 10 ans. Le PDI-P ne peut travailler seul. Nous devons travailler avec ceux qui partagent les idées du PDI-P, et nous sommes très ouverts à une telle coalition.»

Les résultats officiels seront annoncés le mois prochain, mais les données préliminaires témoignent habituellement d'une tendance fiable.

Après trois semaines pacifiques de campagne, près de 187 millions de personnes réparties sur trois fuseaux horaires pouvaient élire les membres d'assemblées législatives, aussi bien au niveau national que régional. Plus de 500 000 bureaux de scrutin accueillaient les électeurs à travers l'archipel, de la province orientale restive de Papouasie jusqu'à la province profondément musulmane d'Aceh dans l'ouest.

De nombreux électeurs ont voté davantage pour un parti que pour un individu, dans le but de mousser les chances de leur candidat présidentiel préféré lors de l'élection du 9 juillet.

La Constitution indonésienne interdit au président sortant, Susilo Bambang Yudhoyono, de briguer un troisième mandat. Son Parti démocratique a aussi été éclaboussé par une succession de scandales de corruption retentissants.

Les trois autres candidats présidentiels sont l'homme d'affaire Aburizal Bakrie, du Parti Golkar, et les anciens généraux Prabowo Subianto du Parti du mouvement de la Grande Indonésie et Wiranto (qui utilise un seul nom) du Parti Hanura.

Le taux de participation s'est établi à environ 75 pour cent, comparativement à 70 pour cent en 2009. C'est seulement la quatrième fois que les Indonésiens sont appelés aux urnes depuis la fin de la dictature Suharto en 1998.

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