POLITIQUE

Pétrolia fera respecter son entente sur l'exploration pétrolière à Anticosti

09/04/2014 02:59 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT
Clement Sabourin/AFP/Getty Images
TO GO WITH AFP STORY by Clement SABOURIN, CANADA-QUEBEC-OIL-GAS-ENERGY Denis Duteau, former mayor of Anticosti, inspects a well on August 13, 2013 on Anticosti Island, Canada, where oil exploration operations were conducted in 2010. Duteau was hired as a lobbyist by Petrolia, a Quebec oil company that plans to start pumping shale oil. Between 800 and 1,000 tourists are expected to visit Anticosti in the summer of 2013, but every Fall as many as 4,000 hunters come to the island in the Gulf of St. Lawrence. The size of the French island of Corsica in the Mediterranean, Anticosti has only 216 inhabitants. Quebec's Petrolia gas exploration company announced a partnership with the community to install an hydrocarbons exploration program scheduled to star in 2014. Economist specializing in energy issues, Pierre-Olivier Pineau believes that fracturing gas 'increases opportunities for fugitive gas leaks' that are 'worse for the greenhouse effect because it is methane that escapes without being checked.' AFP PHOTO / Clement SABOURIN (Photo credit should read Clement Sabourin/AFP/Getty Images)

MONTRÉAL - N'en déplaise au premier ministre élu Philippe Couillard, Pétrolia (TSX:PEA) n'a pas l'intention de retarder ses forages exploratoires prévus cet été afin de déterminer le potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti.

Devant le Cercle finance et placement du Québec, mercredi, à Montréal, son président-directeur général par intérim, Myron Tétreault, a répété à plusieurs reprises que la société pétrolière fera respecter ses ententes signées avec le gouvernement Marois en avril dernier.

En campagne électorale, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) avait exprimé le souhait de suspendre les forages exploratoires avec fracturation hydraulique le temps de procéder à une étude environnementale.

Questionné par les journalistes après son allocution, M. Tétreault s'est simplement dit «confiant» d'être en mesure de démontrer la valeur de l'entente annoncée par le gouvernement Marois plus tôt cette année et qui implique aussi Corridor Resources, Junex et la pétrolière française Maurel & Prom.

«M. Couillard a aussi bien indiqué qu'il allait respecter les ententes qui avaient été signées, a-t-il dit. Ça sera à nous de s'asseoir avec M. Couillard une fois que le gouvernement sera mis en place. Je suis confiant que nous allons pouvoir démontrer la valeur (...) de ce qui a été mis en place.»

Il a rappelé que les forages exploratoires visaient seulement à aller chercher des «carottes» afin de les analyser pour confirmer le potentiel pétrolier, estimé à 46 milliards de barils par le gouvernement Marois.

«Nous avons mis un programme de travail qui prévoit une période de deux ans, a expliqué M. Tétreault. Ce qui est prévu, ce sont des sondages stratigraphiques pour aller chercher des carottes et les analyser.»

Même s'il entend respecter la signature de l'État, M. Couillard a fréquemment remis en question l'investissement gouvernemental de 115 millions $ afin de prendre une participation dans les sociétés qui exploiteront le pétrole.

Le pdg de Pétrolia n'a pas voulu dire s'il était inquiet de voir M. Couillard tenter de réduire la participation de l'État dans ce projet, affirmant qu'il y avait une «bonne balance» dans les ententes signées.

«Les trois compagnies (privées) détiennent 65 pour cent (de l'entente) et l'État 35 pour cent, a affirmé M. Tétreault. Il y a un bon équilibre. C'est une excellent opportunité pour le Québec de participer dans le projet.»

Le dirigeant par intérim de Pétrolia n'a pas manqué de rappeler que le Québec consommait l'équivalent de 14 milliards $ de pétrole par année qui était principalement importé de l'étranger.

«C'est dans notre intérêt d'aller voir et valider le potentiel (de l'île d'Anticosti) afin d'y développer une industrie», a dit M. Tétreault.

Selon lui, l'absence d'un partenaire majeur de l'industrie pétrolière dans ce projet, comme l'a souligné le chef libéral, n'est pas une source d'inquiétude, bien au contraire.

«Ce sont de petites compagnies pétrolières qui ont la vision et la persévérance d'aller trouver des gisements et de les mener à un certain stage de développement», a affirmé M. Tétreault.

La position de M. Tétreault a par ailleurs été endossée par l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, qui a été conseiller juridique pour Pétrolia et Corridor Resources dans le dossier de l'île d'Anticosti.

Après l'allocution du dirigeant de la société pétrolière, M. Bouchard a estimé que le Québec avait intérêt à suivre l'exemple de la Norvège qui, selon lui, a mis sur pied un fonds de 600 milliards d'euros en développant ses ressources naturelles.

Même si la Norvège a commencé à procéder de cette façon depuis environ 30 ans, l'ex-premier ministre a affirmé qu'il fallait «commencer quelque part» et qu'il «était temps» de le faire au Québec.

«C'est une façon de procéder quand c'est bien fait et quand les rendements sont suffisants pour autoriser l'investissement», a expliqué M. Bouchard.

Le jeu en vaut la chandelle sur l'île d'Anticosti, selon lui.

«Le Québec ne peut pas végéter dans ses finances publiques avec la difficulté de maintenir des programmes sociaux, a observé M. Bouchard. (Il faut) s'assurer que l'État aura les moyens de maintenir sa mission.»

Ce dernier croit qu'un jour ou l'autre, la province devra aller de l'avant avec l'exploitation du gaz de schiste, mais que pour l'instant, «nous n'en étions pas là».

INOLTRE SU HUFFPOST

L'île d'Anticosti vue par le photographe Marc Lafrance