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MSF dénonce "l'indifférence" de l'ONU pour les réfugiés dans sa base de Juba

09/04/2014 06:24 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

L'ONG Médecins sans Frontières (MSF) a dénoncé jeudi "l'indifférence" potentiellement "fatale", des responsables de l'ONU au Soudan du Sud à l'égard des conditions de vie des Sud-Soudanais réfugiés dans sa base inondée de Juba et exposés aux risques d'épidémies.

Selon Heather Pagano, chargée de communication de l'ONG, "MSF est scandalisé de voir que ces gens vivent dans des eaux de crue contaminées avec de la matière fécale (...) Aucune action n'a été prise pour améliorer (la base onusienne de) Tomping et ceci a de potentielles conséquences fatales".

A Tomping, située près de l'aéroport de Juba, "au cours de premières pluies de la saison, 150 latrines se sont effondrées, se mélangeant avec l'eau accumulée. Les gens vivent dans des fosses naturelles de drainage, vu qu'il n'existe pas d'autre espace disponible et il y a une latrine pour 65 personnes", explique MSF dans un communiqué.

MSF assure que les diarrhées, les infections respiratoires et les maladies de peau représentent déjà plus de 60% des cas traités à sa clinique du camp.

La Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) a répondu dans une déclaration faire de son mieux et "être très au fait des risques encourus par les civils entassés dans ses bases".

"En plus du travail incessant fait pour protéger les populations de la violence, la Minuss leur a assuré l'espace, l'eau et des soins", epliquant qu'il y avait une négociation en cours avec le gouvernement sud-soudanais pour agrandir les bases, ouvrir de nouveaux services ou permetttre aux gens de retourner chez eux en toute sécurité.

Selon la Minuss, environ 21.000 personnes sont réfugiées à Tomping depuis que les combats ont éclaté mi-décembre à Juba entre troupes rivales au sein de l'armée sud-soudanaise.

Les affrontements entre soldats loyaux au président Salva Kiir et ceux fidèles à son ancien vice-président Riek Machar, accompagnés de massacres ethniques, se sont ensuite propagés à l'intérieur du pays, chassant de chez eux plus d'un million de personnes dont environ 68.000 ont trouvé refuge dans les huit bases que compte l'ONU au Soudan du Sud.

Si le calme est revenu à Juba, les réfugiés de Tomping, souvent des Nuer comme M. Machar, refusent de quitter le camp, craignent des représailles de la part des soldats dinka - ethnie de M. Kiir - qui tiennent la capitale.

"La décision de la Minuss de ne pas améliorer les conditions à Tomping est honteuse", a estimé Carolina Lopez, coordinatrice d'urgence de MSF, citée dans ce communiqué, rappelant que "les pluies, qui vont durer l'essentiel des six prochains mois, redoublent actuellement et si rien n'est fait, les conséquences déjà horribles pourraient être fatales".

MSF explique que les réfugiés de Tomping sont "entassés dans les parties basses de l'enceinte (de l'ONU), connues pour être inondables" et affirme que la demande "d'étendre le camp de Tomping vers des zones non inondées et disponibles, au moins en temps que mesure temporaire pour sauver des vies, a été inexplicablement refusée".

L'ONG dénonce également les conditions de vie "affligeantes" dans lesquels vivent les réfugiés à travers le pays, notamment dans des bases de l'ONU.

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