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Mobilisation internationale "faible" contre la crise humanitaire au Niger (ONU)

09/04/2014 08:54 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

L'ONU a dénoncé mercredi la "faible" mobilisation internationale pour le Niger, où 100.000 réfugiés venant du Mali et du Nigeria aggravent l'insécurité alimentaire dans laquelle des millions de Nigériens sont déjà plongés.

"Les acteurs humanitaires sont inquiets du niveau de financement du Plan stratégique 2014 du Niger", indique le bulletin du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) à Niamey.

En février, le Niger et ses partenaires ont demandé 300 millions d'euros à la communauté internationale pour financer ce Plan afin de lutter contre la crise alimentaire et la malnutrition et pour offrir une assistance aux 100.000 réfugiés.

Seulement 2% de ces fonds étaient mobilisés fin mars, contre 16% à la même période en 2013, a remarqué l'ONU.

Le manque crucial d'argent bloque particulièrement "52 projets prioritaires" du Plan, qui ont besoin d'un financement "urgent" pour atténuer la crise alimentaire, selon l'OCHA.

L'une des raisons de cette faible mobilisation est que "les bailleurs de fonds pensent que la situation s'est +normalisée+ au Mali" et supposent donc que "la crise au Niger n'a plus la même ampleur qu'entre 2012 et 2013", a expliqué à l'AFP une source onusienne.

"La Centrafrique et l'Afghanistan focalisent aussi l'attention internationale", a-t-elle ajouté.

Cette année, le Niger doit encore affronter une crise vivrière en raison de la sécheresse et d'inondations en 2013.

Selon une enquête gouvernementale datant de novembre 2013, "plus de quatre millions" de Nigériens se trouvent en "insécurité alimentaire" et "7,5 millions d'autres" sont "à risque d'insécurité".

Le taux de malnutrition aiguë atteint 13,3% parmi les enfants de 0 à 5 ans, soit nettement "au-dessus du seuil critique de 10%" fixé par l'OMS.

Pendant ce temps, quelque 50.000 personnes ont trouvé refuge dans l'est du Niger après avoir fui les combats entre l'armée au Nigeria et la secte islamiste Boko Haram.

Elles s'ajoutent aux 50.000 autres réfugiés maliens basés depuis 2012 dans l'ouest du territoire.

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