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"Merci Jean Paul II": Cracovie prie son saint

09/04/2014 06:19 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

"Merci Jean Paul II pour tes grâces": la soeur Elwira note avec soin des dizaines de prières, transmises par téléphone pour être récitées au sanctuaire Jean Paul II à Lagiewniki en banlieue de Cracovie, ancien fief de Karol Wojtyla.

"Des gens qui ne peuvent se déplacer, appellent ici de tous les coins de Pologne et du monde entier. Ici, c'est l'endroit principal de son culte, un lieu où les gens ressentent une présence vivante de Jean Paul II", déclare à l'AFP cette religieuse assise derrière son bureau à la sacristie de l'église de Lagiewniki.

Tous les jours, des groupes de pèlerins, en semaine surtout des écoliers et des retraités, arrivent par centaines dans ce sanctuaire où les derniers travaux de finition se poursuivent pour s'achever avant la double canonisation au Vatican des papes Jean Paul II et Jean XXIII.

Sur la tour du sanctuaire, une horloge décompte les jours, les heures et les minutes qui restent avant l'événement.

Les prières transmises par les fidèles sont aussitôt lues devant les reliques de Jean Paul, placées derrière une vitre, où se recueillent aussi les pèlerins.

- Un lieu symbolique -

"Il ne pourrait imaginer un meilleur endroit pour ce sanctuaire", déclare la soeur Elwira. Il a été édifié sur une colline qui surplombe les anciennes carrières et les usines chimiques Solvay où le jeune Karol Wojtyla avait travaillé comme ouvrier pendant la Seconde guerre mondiale. "Le lieu est symbolique pour lui", dit-elle.

"Les reliques de Jean Paul II ont fait de cet endroit le principal lieu de culte en Pologne", explique Piotr Sionko, porte-parole de ce centre religieux qui bientôt abritera aussi un musée et des salles de conférence.

"Une ampoule de son sang se trouve dans l'autel principal du sanctuaire. C'est celle que les médecins de la clinique Gemelli avaient prélevée peu avant sa mort et donnée à son secrétaire, le père Stanislaw Dziwisz" désormais archevêque de Cracovie, précise-t-il.

Dans une chapelle annexe, se trouve la plaque en marbre blanc du tombeau du souverain pontife, provenant du Vatican, ainsi qu'une autre ampoule de sang.

Comme beaucoup d'autres, Danuta Chachlica, 66 ans, a fait la queue pour embrasser les reliques et prier. "Je remercie Dieu pour Jean Paul II, et pour avoir eu la chance de vivre les 27 ans de son pontificat avec lui", dit-elle.

Cette retraitée aurait aimé aller à Rome pour sa canonisation, à laquelle des milliers de Polonais s'apprêtent à assister, mais elle ne peut s'offrir un voyage si coûteux. "Je vivrai cette journée ici, au sanctuaire de Lagiewniki" lors d'une cérémonie spéciale.

Des fidèles se réunissent aussi devant l'archevêché de Cracovie qui fut pendant quinze ans la résidence de Karol Wojtyla avant qu'il soit nommé pape en 1978.

"Je prie pour que Jean Paul II soit enfin canonisé. Chaque bienheureux doit bien devenir un saint", dit résolument la petite Ola Marciszek, 9 ans, après avoir allumé, comme des dizaines d'autres Cracoviens, un lumignon en bas d'une fenêtre de l'archevêché ornée d'une photo géante de Jean Paul II.

Née un mois après sa mort, elle le vénère déjà comme un saint. C'est ici que les jeunes venaient lui chanter des berceuses lors de ses multiples voyages en Pologne, et prier à la fin de sa vie et à chaque anniversaire de sa mort.

- Une histoire vraie -

A l'approche de la canonisation, des messes, temps de prière, catéchèses et confessions rassemblent des fidèles. Des films, expositions et livres rappellent ce grand personnage. Une comédie musicale intitulée "Karol Wojtyla, une histoire vraie", écrit par la chanteuse israëlo-américaine Noa, vient d'être présenté au théâtre Slowacki de Cracovie.

"On aura un Saint qui a vécu parmi nous. C'est bien plus difficile de prier un saint qui avait vécu il y a mille ans. Jean Paul II, lui, a été avec nous il y a si peu de temps", ajoute Mariola Pachowicz, une étudiante venue pour un moment de réflexion.

"Il est important pour nous, les jeunes qui ne l'avons jamais connu. Il restera pour nous un leader", dit cette étudiante qui pense déjà aux prochaines Journées mondiales de la Jeunesse, prévues en 2016 à Cracovie.

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