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Les travaux d'identification des victimes de Lac-Mégantic sont terminés

09/04/2014 11:37 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le Bureau du coroner est arrivé, mercredi, au bout de ses capacités en ce qui a trait à l'identification des victimes de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013.

Les experts ont réussi à identifier formellement une quarantième victime de la tragédie; il s'agit de Jimmy Sirois, qui était âgé de 30 ans au moment de son décès.

Bien que l'on ait confirmé le bilan de 47 victimes, cette quarantième identification met un terme aux travaux d'identification des équipes du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale et du Bureau du coroner.

Celui-ci doit maintenant s'attaquer à la tâche de produire les 47 rapports sur les causes et les circonstances du décès et émettre des recommandations pour éviter la répétition d'une telle tragédie.

Ces rapports pourraient toutefois tarder à être rendus publics pour des raisons qui sont complètement hors du contrôle du Bureau du coroner, selon sa porte-parole, Geneviève Guilbault.

«Le coroner attend le rapport du Bureau de la sécurité des transports (BST) et le rapport de l'enquête policière qui a récemment été déposé au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). S'il devait y avoir des accusations et un procès, ça pourrait retarder significativement le dépôt du rapport du coroner parce que lui doit attendre la fin des procédures», a-t-elle expliqué.

Le besoin d'attendre que les procédures judiciaires soient terminées s'explique facilement.

«Un rapport de coroner qui sortirait avant, dans lequel il y aurait tout le détail des causes et des circonstances, énormément d'informations entourant la cause qui serait plaidée devant le tribunal, si un jury a lu le tout dans les journaux, ça pourrait interférer avec les procédures judiciaires», a-t-elle fait valoir, insistant sur l'impératif de la prudence dans de telles circonstances.

Le rapport d'enquête de la Sûreté du Québec a été remis il y a un peu plus de deux semaines au DPCP qui n'a toujours pas terminé l'analyse du dossier et qui n'a donc pas encore décidé s'il portera des accusations criminelles ou non en marge de la catastrophe ferroviaire.

Quant à l'identification des restes humains, le Bureau du coroner explique qu'après neuf mois de travail, il ne lui est plus possible d'en identifier davantage, ceux-ci étant constitués essentiellement de fragments fortement altérés par l'intensité du brasier auquel ils ont été exposés.

Le coroner en chef a même fait appel, pour ses travaux, à des laboratoires situés à Thunder Bay, en Ontario, à New York et même en Bosnie.

«Eux ont beaucoup d'expérience à New York, évidemment avec le 11 septembre, et en Bosnie, avec les conflits qu'ils ont subis. Ces gens-là sont très habitués de travailler avec des restes humains très altérés par des sinistres en tous genres», a expliqué Mme Guilbault.

Cependant, le décès des victimes qui n'ont pu être identifiées formellement a tout de même confirmé légalement.

«Les tribunaux ont dû considérer la preuve qui a été faite par les policiers et c'est un juge de la Cour supérieure qui a émis un jugement déclaratoire de décès qui enjoint le Directeur de l'état civil de dresser un acte de décès», a expliqué la porte-parole.

Les restes humains qui n'ont pu être identifiés seront donc libérés collectivement par le coroner et des discussions sont présentement en cours avec la communauté de Lac-Mégantic sur la suite des événements.

«Nous sommes en discussion avec les familles des victimes et le curé de la paroisse, parce que c'est lui qui va orchestrer la suite des choses. Il appartient aux familles et à la paroisse de voir comment eux vont vouloir assurer la mémoire, la postérité des victimes.»

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