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Les séparatistes de l'Est ukrainien demandent l'aide de Poutine

09/04/2014 09:17 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Les séparatistes prorusses qui tiennent le siège des services de sécurité (SBU) à Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, ont renforcé leurs défenses autour du bâtiment et appelé Vladimir Poutine à l'aide après la menace brandie par le gouvernement de Kiev d'user de la force pour les déloger.

L'ancien siège du KGB est l'un des trois bâtiments publics saisis cette semaine par des manifestants dans l'est de l'Ukraine qui réclament à Kiev la tenue de référendums sur
l'indépendance dans leurs régions.

« Bien sûr que nous devons demander à la Russie de nous prendre, parce que je ne vois pas d'alternative », déclare un homme vêtu d'une tenue de camouflage qui dit s'appeler Vasiliy et se présente comme celui qui commande le bâtiment. « Poutine, aide-nous », lance-t-il.

Lors d'une conférence tenue mercredi soir à l'intérieur du bâtiment occupé, Valery Bolikov, qui se présente comme un représentant des sièges de l'armée du Sud et de l'Est, a indiqué que les discussions avec les autorités n'avaient pas permis de trouver un accord.

« Les discussions se poursuivent [...], mais elles n'ont pas abouti à leur conclusion logique », a-t-il dit.

Si certains manifestants sont pour une annexion à la Russie comme cela a été le cas avec la Crimée, Valery Bolikov explique que leurs revendications ne vont pas pour l'instant pas plus loin qu'un référendum sur une plus grande autonomie à donner à Louhansk dans le cadre d'une Ukraine fédérale.

« Nous quitterons le bâtiment seulement après avoir obtenu satisfaction concernant nos demandes d'organisation d'un référendum sur la fédéralisation », dit-il.

Hors du hall de conférence, des hommes masqués et armés de kalachnikovs et de diverses armes à feu occupent les nombreux couloirs du bâtiment. Les tensions autour de la prise du bâtiment se sont accrues quand les manifestants ont eu accès à l'arsenal des services de sécurité. Un des manifestants estime qu'il y avait environ 200 à 300 armes. La police locale a fait savoir par une porte-parole qu'elle n'interviendrait pas tant que les négociations se poursuivraient.

À Donetsk, plus au sud, les Prorusses conservent aussi le contrôle de l'immeuble du gouvernement régional. En revanche, les autorités ont repris mardi la maîtrise de la situation à Kharkiv, une des autres grandes villes de l'Est ukrainien.

Kiev lance un ultimatum aux militants prorusses

Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsène Avakov, a annoncé mercredi matin qu'une issue serait trouvée dans les prochaines 48 heures et qu'il n'excluait pas pour cela un
recours à la force si le dialogue politique échouait.

« Il y a deux options : les négociations politiques et la force », a-t-il dit à la presse à Kiev. « Pour ceux qui veulent le dialogue, nous proposons des négociations et une solution politique. Pour la minorité qui veut un conflit, la réponse des autorités ukrainiennes sera énergique », a-t-il prévenu.

D'après les services de sécurité ukrainiens, une cinquantaine de personnes ont quitté le siège du SBU à Louhansk au cours de la nuit de mardi et mercredi.

« Ceux qui sont partis n'étaient pas prêts à rester et à se battre », a déclaré Vasiliy, qui dit que ses « soldats » combattront jusqu'à la tenue d'un référendum sur l'indépendance.

Ceux qui restent, indiquent les leaders du mouvement, sont entraînés et ont combattu en Tchétchénie et en Afghanistan.

« Nous ne serons pas les premiers à tirer, mais nous nous défendrons », a déclaré Pavel Strouptchevski.

Les manifestants insistent pour dire qu'ils ne sont pas aidés par la Russie et qu'il n'y a aucun Russe dans leurs rangs, mais pour le gouvernement ukrainien leurs actions font partie d'un plan russe de démembrement de l'Ukraine, une accusation rejetée par Moscou.

Entretien Washington-Moscou

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a eu deux entretiens téléphoniques avec son homologue russe Sergueï Lavrov à propos de la crise ukrainienne.

Lors du deuxième entretien, John Kerry a déclaré que Washington insistait auprès des autorités ukrainiennes pour qu'elles organisent un dialogue national afin de faire cesser les tensions dans l'est et le sud du pays.

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