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Indonésie: l'opposition en tête et le gouverneur de Jakarta bien placé pour la présidentielle

09/04/2014 06:44 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le principal parti d'opposition était en tête des premiers décomptes mercredi, peu après la fin du scrutin des élections parlementaires qui devraient mettre sur orbite pour la présidentielle de juillet le très populaire gouverneur de Jakarta.

Le PDI-P (Parti démocratique indonésien de la lutte) a réuni quelque 19% des suffrages selon des résultats encore très provisoires.

Le score est cependant inférieur au 25% que prévoyaient les sondages. Le parti a choisi comme candidat à la présidentielle Joko Widodo, le gouverneur de la capitale, un nouveau venu dans l'arène politique indonésienne encore dominée par des personnalités de l'ère autoritaira de Suharto, renversé en 1998.

Le parti démocratique du président Susilo Bambang Yudhoyono est crédité de quelque 10%, soit moitié moins que le score réalisé lors des législatives de 2009. Le président ne pourra pas se présenter en juillet, après deux mandats consécutifs.

"Nous espérons des représentants qui se soucient de notre intérêt plutôt que du leur. J'ai choisi les candidats les plus honnêtes et les plus justes", déclare à l'AFP Ilyas Hasan, 43 ans, habitant de Jayapura, la capitale de la province pauvre de Papouasie.

Les élections, qui couvrent trois fuseaux horaires dans ce pays de plus de 250 millions d'habitants, avaient débuté sous une pluie battante en Papouasie, la plus orientale de l'archipel, à 07H00 locales (22H00 GMT mardi).

Le scrutin s'est ensuite étendu aux îles du centre, dont la principale, Java, puis à l'ouest.

Le candidat du PDI-P à la présidentielle, qui se tiendra le 9 juillet, caracole en tête des sondages.

"Je suis sûr que mon parti va faire un bon résultat", a déclaré "Jokowi", 52 ans, après avoir voté près de sa résidence officielle dans la capitale, devant une foule de 200 journalistes.

Depuis son élection au poste de gouverneur de Jakarta en 2012, cet ancien vendeur de meubles s'est imposé comme le héraut des laissés-pour-compte et des travailleurs modestes face aux élites corrompues.

- D'immenses chantiers -

Le Parti démocratique du président Susilo Bambang Yudhoyono, éclaboussé par les affaires, devrait subir une déroute à l'occasion de ces législatives, les quatrièmes depuis la fin de la dictature Suharto en 1998.

Les premiers résultats accordent entre 19% et 20% des suffrages au PDI-P.

Mais seuls les partis recueillant plus de 20% des 560 sièges au Parlement, ou 25% des suffrages, sont habilités à présenter un candidat à la présidentielle.

Faute d'atteindre 25% des votes, le principal parti d'opposition devra former une coalition pour présenter son candidat.

Loin derrière dans les sondages présidentiels, l'adversaire direct de "Jokowi" est Prabowo Subianto, un ancien officier supérieur des forces spéciales qui a été accusé de violations des droits de l'Homme.

Certains s'interrogent néanmoins sur l'envergure nationale du gouverneur de Jakarta qui ne dirige la région-capitale que depuis un peu plus d'un an.

Il n'a rien dévoilé de son ambition pour le pays alors que les chantiers sont immenses pour la première économie d'Asie du Sud-Est: ralentissement de la croissance (autour de 6%), pauvreté, corruption endémique, montée des intolérances religieuses.

Des médias locaux ont fait état mercredi de cas de candidats offrant aux électeurs de l'huile de cuisine, du sucre et autres pots-de-vin pour tenter de s'assurer leur suffrage à la dernière minute, une pratique illégale mais répandue.

Les élections semblaient s'être déroulées sans heurts majeurs et aucune violence ou perturbations n'a été signalée.

Les cinq partis musulmans, qui vont des formations modérées aux pro-charia, devraient afficher leurs scores les plus bas, la plupart des électeurs faisant de plus en plus la part entre leurs convictions politiques et religieuses, selon les politologues.

Plus de 85% des Indonésiens sont musulmans sunnites ce qui fait de l'archipel le pays musulman le plus peuplé du monde, devant le Pakistan.

Les quelque 186 millions d'électeurs que compte le pays étaient également appelés à choisir parmi 230.000 candidats à des mandats parlementaires, provinciaux et locaux sur les 17.000 îles de l'archipel.

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