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Grèce: accusés d'avoir torturé à mort un détenu, 6 gardiens en détention provisoire,

09/04/2014 06:26 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Six gardiens de la prison grecque de Nigrita (nord) ont été placés en détention provisoire, accusés d'avoir torturé à mort un détenu albanais, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les six gardiens sont poursuivis pour les crimes de "tortures" et de "lésions corporelles graves" qui sont supposées avoir entraîné la mort du détenu albanais Ilie Kareli, 42 ans, selon la même source.

Deux autres gardiens de cet établissement inculpés pour les mêmes crimes, ont été placés en liberté conditionnelle, tandis que sept autres, également poursuivis dans le cadre de cette affaire, doivent comparaître les jours prochains devant le juge d'instruction.

Ilie Kareli avait été transféré à la prison de Nigrita le 27 mars pour des raisons de sécurité après avoir tué un gardien dans une autre prison du centre du pays où il purgeait depuis 2007 une peine pour tentative d'assassinat.

Selon les premières informations de l'enquête judiciaire, Ilie Kareli avait été violemment tabassé lors de son arrivée à la prison de Nigrita avant d'être placé dans une cellule d'isolement, surveillé par des caméras. C'est dans cette cellule qu'il a été découvert mort quelques heures plus tard.

A la suite d'une autopsie, le médecin légiste avait établi que la victime portait "des lésions sur le thorax, une fracture du sternum provoquée par un instrument contondant". Ces blessures ont provoqué une hémorragie interne.

L'équipe médico-légale a également observé sur le corps du détenu une blessure et des caillots de sang à la main droite. Les examens complets attendus la semaine prochaine doivent permettre d'établir si ces coups résultent d'un électrochoc.

Le ministère de la Justice a condamné ces faits. "Il s'agit d'actions inhumaines et infâmes des fonctionnaires qui portent atteinte à l'État du droit et la protection de la vie humaine. La loi va s'appliquer contre tout responsable", a-t-il prévenu.

Mais Kostis Papaïoannou, président de la commission nationale des droits de l'Homme, a indiqué mercredi que ce cas est "révélateur" de "l'arbitraire" et de "l'impunité" dont bénéficie souvent le personnel pénitencier et la police.

La Grèce a été à plusieurs reprises pointée du doigt par des organisations internationales des droits de l'Homme pour l'état de ses prisons qui s'est encore détériorée ces dernières années en raison de la crise.

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