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France: Valls complète son gouvernement et crée un "grand pôle international"

09/04/2014 03:13 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre français Manuel Valls complètait mercredi son gouvernement avec une douzaine de secrétaires d'Etat en créant aux Affaires étrangères, malgré le scepticisme de certains, un "grand pôle international" regroupant diplomatie, commerce extérieur et tourisme.

Les secrétaires d'Etat pour le Commerce extérieur et pour le Tourisme, dont les nominations sont attendues dans l'après-midi, vont compléter l'équipe du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dont les attributions traditionnelles se doublent désormais d'une mission de chef de la diplomatie économique.

En France, les secrétaires d'Etat ont rang de ministre sans participer, sauf sujet particulier les concernant, au Conseil qui se tient chaque mercredi à l'Elysée sous la direction du président.

Sans compter les secrétaires d'Etat, le gouvernement Valls compte seize ministres contre la quarantaine qui composait l'exécutif de son prédécesseur Jean-Marc Ayrault.

Controversé, le transfert du ministère de l'Economie au Quai d'Orsay - pour la première fois depuis 1958 - du Commerce extérieur et du Tourisme vise à booster le dynamisme économique français en panne de compétitivité sur la scène mondiale. Le portefeuille du Commerce extérieur est en France l'instrument de l'accompagnement par l'Etat des exportateurs et de la promotion des investissements étrangers en France.

"Il s'agit d'une logique d'efficacité, c'est-à-dire de concentration des moyens de l'Etat à l'étranger pour renforcer la force de frappe de l'action de la France dans le monde", souligne-t-on au ministère des Affaires étrangères.

Reconduit dans ses fonctions, Laurent Fabius est ancien Premier ministre et a déjà occupé plusieurs fonctions économiques lors de précédents gouvernements. Depuis 2012, il a fait de la "diplomatie économique" le fer de lance de son action internationale.

"Il faut que notre corps diplomatique fasse tout ça à la fois. C'est pas: ou bien l'économie, ou bien la culture. C'est tout ça", a-t-il fait valoir mardi devant des chefs d'entreprise.

Le changement de profil aux Affaires étrangères et à l'Economie ne se fait pas sans heurts. Le syndicat majoritaire des agents du Commerce extérieur (SPRIM) lui a manifesté son opposition.

"On est en train de priver Arnaud Montebourg (le nouveau ministre de l'Economie) d'un instrument de politique économique. C'est absurde". "C'est l'entreprise qui crée l'emploi, pas le Quai d'Orsay", a aussi reproché Valérie Pécresse, ex-ministre du Budget du président de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012).

Elle exprimait ainsi la crainte de certains de voir la volonté d'organiser les exportateurs petits et grands par filières solidaires - comme le font les Allemands - se dissoudre dans un ministère perçu comme moins proche des difficultés concrète de l'entreprise.

- 'La tête au Quai, les pieds à Bercy' -

Un argument balayé par l'Organisation des spécialistes du commerce international (OSCI), qui regroupe 2.000 entreprises de négoce et 200 sociétés de consultants à l'international.

"C'est plutôt une bonne chose", déclare à l'AFP le président de l'OSCI, Etienne Vauchez. "Les gens du Quai d'Orsay ont une culture très inspirée par la mondialisation, à Bercy (siège du ministère de l'Economie), ils sont centrés sur la France", lance-t-il.

"C'est un changement qui a du sens quand on sait qu'aujourd'hui les exportations sont guidées en large partie par les efforts diplomatiques, notamment pour les contrats décrochés dans les grands pays émergents", renchérit Alberto Balboni spécialiste du commerce international au cabinet d'études Xerfi.

"Est-ce que l'accompagnement des PME va être abandonné ? Je ne le pense pas", affirme-t-il, "car une des préoccupations majeures de la politique économique française est la relance d'un tissu de PME qui fait défaut à la France par rapport à l'Allemagne ou à l'Italie".

Dans les ambassades, les conseillers économiques, dont les attachés spécialisés relevaient chacun de son ministère (Agriculture, Finances, etc) dépendront à l'avenir du ministère des Affaires étrangère.

Au terme d'un accord entre les ministres de l'Economie et des Affaires étrangères, les services du Commerce extérieur devraient de leur côté rester physiquement à Bercy, siège du ministère de l'Economie, rapporte mercredi l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné. "La tête au Quai, les pieds à Bercy, attention à l'élongation", met en garde avec humour le journal.

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