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France: une famille se déchire autour d'un homme accusé du meurtre de sa maîtresse voici 36 ans

09/04/2014 10:52 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le procès de la disparition en 1977 d'une riche héritière de la Riviera française a été mercredi le théâtre d'une confrontation entre l'ex-femme de l'accusé et l'un de ses fils, qui affirme que son père a tué sa maîtresse en Italie, où une enquête a été ouverte.

Jugé pour la troisième fois, Maurice Agnelet, un avocat de 76 ans, a toujours clamé son innocence dans la disparition à Nice (sud-est) le 30 octobre 1977 d'Agnès Le Roux, l'une de ses maîtresses alors âgée de 29 ans.

Après trois semaines sans avancée, l'audience de lundi a été marquée par un véritable coup de théâtre avec les révélations de l'un des fils, Guillaume. Ce dernier avait affirmé avoir passé sous silence pendant des années des "aveux" de son père sur le meurtre d'Agnès Le Roux.

Mercredi, il a confirmé devant la cour d'Assises de Rennes (ouest) ses déclarations. "Oui je les confirme", a-t-il dit. "Je viens pour retranscrire ce qui depuis près de 30 ans est au plus près de mes souvenirs. Je ne viens pas pour faire la guerre" au reste de la famille, a-t-il précisé.

Le fils, 45 ans, a donné des détails sur ces révélations que lui auraient faites son père mais aussi sa mère, notamment sur le lieu des faits à Monte Cassino (sud de l'Italie), qui ont conduit les carabiniers italiens à ouvrir une enquête.

"Nous effectuons une enquête préliminaire dont les résultats seront communiqués au parquet local", a déclaré à l'AFP le capitaine Silvio De Luca, chef des carabiniers de Cassino, au sud de Rome.

Guillaume Agnelet a assuré qu'il avait dit à sa famille, il y a quelques années: "Atterrissez ! Atterrissez ! Je harcelais ma mère tous les jours" pour que la "vérité" sorte.

Le témoin assure que son père lui avait dit lorsqu'il avait 16 ans: "Tant que le corps n'est pas retrouvé, je ne risque rien. Moi je sais où il est le corps". Face à ces accusations réitérées, l'accusé a nié en bloc. "Je partage l'avis de sa mère: il est en souffrance", a-t-il dit.

- 'Ton père a tué Agnès' -

Auparavant, sa mère, en larmes, Annie Litas, avait démenti que Maurice Agnelet lui ait confié avoir tué sa maîtresse comme l'a aussi affirmé Guillaume Agnelet. Annie Litas et Maurice Agnelet sont divorcés.

Le fils a affirmé que sa mère lui avait dit "Ton père a tué Agnès", et avoir précisé tenir cette information "directement de lui".

"Je trouve ça totalement irréaliste et rocambolesque. Je n'ai jamais prononcé ces propos", a déclaré Annie Litas. "Je suis sa mère et je le resterai toujours mais je suis totalement démunie face à ses déclarations. Je ne comprends pas. Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse faire de telles déclarations", a ajouté Mme Litas, allant jusqu'à affirmer que son fils était victime de troubles psychiques.

L'autre fils de l'accusé, Thomas, qui soutient l'innocence de Maurice Agnelet, a de nouveau contesté les déclarations de Guillaume, notamment les confidences que leur père leur aurait faites. "Pour moi ça n'a jamais existé", a affirmé Thomas.

Par ailleurs, la cour a décidé de passer outre mercredi l'absence d'un témoin-clé, Françoise Lausseure, une autre ex-épouse de M. Agnelet, estimant que l'audition de ce témoin, qui avait déjà été entendu lors des deux précédents procès de Maurice Agnelet, n'était "pas indispensable".

Mme Lausseure, qui vit aujourd'hui au Mexique, avait permis en 1999 la réouverture du dossier en revenant sur l'alibi qu'elle avait jusqu'alors fourni à son amant.

Le procès s'est donc poursuivi mercredi par la lecture de ses différentes dépositions.

Agnès Le Roux était la riche héritière d'un casino sur la célèbre promenade des Anglais à Nice. Sa disparition est survenue quelques mois après qu'elle eut vendu les parts de son casino à un concurrent. La somme, d'abord versée sur un compte commun aux deux amants, à Genève, s'est retrouvée après la disparition d'Agnès sur un compte au seul nom d'Agnelet.

Bénéficiaire d'un non-lieu en 1985, puis acquitté en 2006, Maurice Agnelet a été condamné en appel à 20 ans de prison en 2007, avant que la Cour européenne des droits de l'Homme n'estime début 2013 que ce procès n'avait pas été équitable.

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