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Cellules STAP: la chercheuse Obokata défend aux larmes leur existence

09/04/2014 02:57 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

"Les cellules STAP existent" a martelé mercredi la jeune chercheuse japonaise Haruko Obokata, apparue devant les caméras pour la première fois depuis qu'elle est accusée d'avoir trafiqué ses données de recherche, ce qu'elle a contesté au point d'en pleurer.

"Peut-être que cela dépassait mes compétences de signer un article dans la revue Nature", a reconnu celle qui, à 30 ans, dirige une unité de recherche de l'institut public Riken.

Mais, tout en reconnaissant des erreurs dans la façon dont ses travaux potentiellement révolutionnaires pour la médecine ont été présentés dans la revue britannique fin janvier, Mme Obokata a rejeté les accusations de "falsification et contrefaçon".

Elle a maintenu que les fautes de forme commises "par manque d'apprentissage" n'affectaient pas la réalité du phénomène qu'elle a observé et appelé cellules STAP (stimulus-triggered acquisition of pluripotency, acquisition de la pluripotence par stimulus). Il s'agit de cellules revenues à un stade quasi embryonnaire par un procédé chimique nouveau et capables d'évoluer ensuite pour créer différents organes.

"Le phénomène des cellules STAP est une réalité que j'ai vérifiée à plus de 200 reprises", a assuré Mme Obokata.

"J'ai fait ces recherches pour que les STAP soient utiles pour quelqu'un un jour. J'ai fait des expériences quotidiennement", a-t-elle insisté, visiblement très émue et apeurée, sous les flashs incessants pendant près de trois heures.

C'est la première fois qu'elle s'exprimait directement devant les médias depuis que la polémique a éclaté.

"Je ressens une grande responsabilité et demande pardon d'avoir causé des soucis au Riken et aux co-auteurs" des recherches, a-t-elle aussi déclaré en préambule.

- "Je voulais parler plus tôt" -

"Je voulais parler plus tôt mais le Riken ne m'en a pas donné l'occasion", s'est-elle cependant plainte, assurant avoir "accumulé tant de choses à dire".

Haruko Obokata avait publié en janvier dans Nature une communication présentant une méthode inédite et particulièrement remarquée de création de cellules pluripotentes à partir de cellules matures.

Mais peu après, des "bizarreries" ont été signalées et un des co-auteurs a contesté la publication, au motif qu'une partie des données publiées étaient selon lui fausses.

Le Riken a alors créé un comité d'enquête qui, la semaine dernière, a conclu à des irrégularités dans la publication des résultats.

Ces conclusions sont si sévères qu'elles ont fait douter de l'existence-même des cellules STAP, même si le comité ne s'est pas prononcé directement sur cet aspect.

Mme Obokata s'est défendue mercredi sur tous les points litigieux soulevés depuis plusieurs semaines dans la presse et sur lesquels les journalistes l'ont interrogée sans ménagement, au point qu'elle a fini par pleurer.

Parfois aidée de son avocat, elle a aussi contesté avoir accepté de demander le retrait de la publication, comme l'a pourtant affirmé publiquement un de ses supérieurs à l'institut Riken.

"Je veux que les recherches se poursuivent afin que d'autres puissent reproduire mes expériences et que soit prouvé que les STAP sont une réalité", a-t-elle demandé avant que son avocat ne détaille l'appel qu'elle a déposé auprès de son employeur qui la menace de sanctions pour avoir "créé des faux".

Dans son recours, la chercheuse explique notamment avoir certes combiné des images issues d'expériences différentes, mais "sans intention de tricher": il s'agissait selon elle de rendre les visuels plus lisibles.

"Il n'y aurait pas eu de doutes sur la réalité des cellules STAP si j'avais pu présenter les résultats de façon plus appropriée", s'en est-elle voulu.

Si la création de cellules STAP s'avérait possible avec tout type de cellules selon la méthode décrite par le docteur Obokata, ce serait un espoir exceptionnel pour la médecine régénérative qui consiste à recréer des parties d'organes ou de tissus abîmés par maladie ou accident.

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