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Washington appelle Bujumbura à respecter les libertés politiques et la Constitution

08/04/2014 05:55 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

L'ambassadrice américaine à l'ONU, en visite à Bujumbura, a appelé mardi les autorités burundaises au respect, en vue des élections présidentielles de 2015, des libertés politiques et de la Constitution, que le pouvoir tente de faire modifier.

Samantha Power, en visite au Burundi a indiqué à la presse avoir discuté avec le président Pierre Nkurunziza des "progrès accomplis" par le Burundi, mais aussi des "inquiétudes" américaines concernant "la liberté d'expression, la liberté de réunion et la Constitution".

"Tous ces droits et valeurs doivent être respectés, tout particulièrement durant la prochaine période électorale", a poursuivi Mme Power, qui représentait la veille à Kigali les Etats-Unis aux commémorations du 20e anniversaire du génocide de 1994 au Rwanda.

Le Burundi traverse une grave politique, en raison de dissensions entre le parti majoritairement hutu de M. Nkurunziza et son allié, le principal parti tutsi. Les deux formations étaient les seules à ne pas avoir boycotté les scrutins présidentiel et législatif de 2010.

Le Parlement a infligé mi-mars un camouflet au chef de l'Etat en rejetant une réforme très controversée de la Constitution qui risquait, selon ses opposants, de remettre en cause le fragile partage du pouvoir entre hutu et tutsi qu'elle garantit et qui a permis au Burundi de sortir d'une longue guerre civile (1993-2006).

Cette réforme abolissait, entre autres, la limitation à deux du nombre de mandats du chef de l'Etat. Mais M. Nkurunziza aurait l'intention de se représenter, malgré le rejet de la réforme, en se basant sur le flou d'un article de la Constitution, avait affirmé en mars le ministre de l'Intérieur burundais.

"Le président Nkurunziza a eu beaucoup de succès depuis 2005 jusqu'à ce jour, et nous croyons que le respect de la Constitution doit faire partie de son héritage, qu'il doit être l'homme qui a construit une démocratie moderne au Burundi", a souligné Samanthe Power.

"Nous insistons pour que la Constitution, la primauté de la loi et les droits de l'homme soient respectés" au Burundi, a-t-elle conclu.

Mme Power a quitté Bujumbura mardi pour Bangui en Centrafrique, après avoir rencontré les principaux dirigeants de l'opposition et de la société civile burundaise.

Le justice burundaise a condamné à perpétuité 21 militants d'un parti d'opposition le mois dernier pour "insurrection armée" après de violents affrontements avec la police qui avait empêché un rassemblement.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a fait part début avril de son "inquiétude devant les tensions persistantes" au Burundi.

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