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Soixante personnes auraient été prises en otage dans l'est de l'Ukraine

08/04/2014 08:58 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

DONESTSK, Ukraine - Un groupe radical retient en otage 60 personnes dans un bureau gouvernemental de la ville de Luhansk, dans l'est de l'Ukraine, affirment des dirigeants ukrainiens.

Le Service de sécurité ukrainien a déclaré mard que les «séparatistes» retiennent ces otages dans un édifice du service de sécurité de la ville, et qu'ils les menacent avec des armes et des explosifs.

On ne sait rien de l'identité des otages. L'édifice avait été capturé dimanche par des manifestants prorusses armés.

Les forces de l'ordre ukrainiennes avaient précédemment expulsé, mardi, les manifestants qui avaient envahi le quartier général du gouvernement régional de Kharkiv. Environ 70 personnes ont été arrêtées.

Le président intérimaire Oleksandre Tourtchinov a déclaré aux parlementaires ukrainiens que les forces de l'ordre ont repris le contrôle de la situation, même si certains séparatistes leur auraient lancé des grenades et utilisé des armes non identifiées. Certains policiers ont été blessés.

Le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov a déclaré, sur Facebook, que l'intervention policière constitue une «opération antiterroriste».

Des militants prorusses continuent toutefois à occuper le siège de l'administration régionale de Donetsk et à réclamer un référendum sur le statut de la région. Les deux villes se trouvent dans l'est de l'Ukraine, où l'hostilité est forte face au gouvernement qui a pris le pouvoir après le départ du président russophile Viktor Ianoukovitch.

La police ne donnait, mardi, aucun signe de vouloir intervenir à Donetsk. Serhiy Taruta, le gouverneur de la ville, s'est moqué des événements qui s'y déroulent.

«J'appelle ça un théâtre de l'absurde, a-t-il. Ce ne sont que des artistes qui donnent un spectacle, mais le plus important c'est qu'il y a de moins en moins de spectateurs.»

Ces événements ressemblent à ceux qui ont ultimement mené à l'annexion controversée de la Crimée par Moscou. L'Occident ne reconnaît pas cette annexion et a imposé des sanctions sévères à la Russie.

À Washington, le secrétaire d'État américain John Kerry a durci le ton.

«Nous voyons en Russie un effort illégal et illégitime pour déstabiliser un État souverain et créer une crise artificielle à l'aide d'agents payés de l'autre côté d'une frontière internationale», a-t-il lancé au Comité des relations étrangères du Sénat des États-Unis.

M. Kerry estime que les démonstrations dans l'est de l'Ukraine représentent un «prétexte artificiel pour une intervention militaire, comme nous l'avons vu en Crimée».

La Maison-Blanche a aussi annoncé un sommet de haut niveau entre des diplomates américains, européens, ukrainiens et russes au cours des prochains jours, pour tenter de mettre fin à la crise.

La Russie refuse tout contact avec le nouveau gouvernement ukrainien depuis que M. Ianoukovitch a quitté le pouvoir. De plus, l'OTAN affirme que des dizaines de milliers de soldats russes se massent toujours le long de la frontière entre les deux pays — ce que l'Alliance qualifie de menace.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a déclaré depuis Moscou que la date et le format de cette rencontre n'ont pas encore été finalisés. Il a laissé entendre que les candidats présidentiels ukrainiens pourraient y participer, en plus de rappeler l'importance pour les régions ukrainiennes d'avoir leur mot à dire dans les réformes constitutionnelles.

Pendant ce temps, de violentes échauffourées ont éclaté mardi au Parlement ukrainien. Des parlementaires nationalistes en sont venus aux coups avec des communistes, après que le leader du Parti communiste ait accusé le gouvernement de chercher à écraser la dissidence.

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