NOUVELLES

Russie: le gouvernement réduit sa prévision de croissance pour 2014 à 0,5%-1,1%

08/04/2014 11:33 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement russe a abaissé mardi sa prévision de croissance pour 2014 à une fourchette entre 0,5% et 1,1%, contre 2,5% auparavant, mais prévenu que le tableau pourrait encore s'assombrir en cas de sévères sanctions occidentales.

Le vice-ministre de l'Economie chargé des prévisions économiques Andreï Klepatch a expliqué que le haut de la fourchette correspondait à l'adoption de mesures de soutien à l'activité, notamment un assouplissement des règles de rigueur budgétaires et une recapitalisation des banques.

"J'espère que le gouvernement prendra les décisions nécessaires pour relancer la croissance", a-t-il plaidé, cité par les agences russes.

Le gouvernement a également augmenté de manière spectaculaire sa prévision pour 2014 concernant les fuites de capitaux, qui se sont accélérées en raison de la crise ukrainienne et de la menace de sanctions économiques contre Moscou, à 100 milliards de dollars contre 25 milliards auparavant.

Selon la banque centrale, ces fuites de capitaux, mal endémique de l'économie russe, ont doublé au premier trimestre sur un an et atteint 50,6 milliards de dollars, tandis que les investissements étrangers ont été divisés par trois.

M. Klepatch a reconnu l'existence dans les dossiers de son ministère d'un "scénario de choc" correspondant à l'application de sanctions économiques et à un "cataclysme de l'économie mondiale" avec des fuites de capitaux encore plus massives.

"Dans certaines conditions, cela pourrait se traduire par une croissance négative du produit intérieur brut", a-t-il estimé, insistant néanmoins sur le fait que ce scénario n'était actuellement pas envisagé.

Le gouvernement a par ailleurs révisé en forte hausse sa prévision d'inflation pour cette année, à 6% contre 4,8%, et en baisse celle pour la production industrielle (+1%/+1,3% contre +2,2%), pour les investissements (-0,1%/-1,9% contre +3,9%) et pour les ventes de détail (+1,9%/+2,4% contre +3,5%).

Le gouvernement se montre encore plus pessimiste que le Fonds monétaire international, qui a abaissé mardi sa prévision de croissance du produit intérieur brut pour 2014 à 1,3%.

La Russie a vu son économie ralentir fortement au cours des dernières années : la croissance est passée de 4,3% en 2011 à 3,4% en 2012 puis 1,3% en 2013, alors que selon de nombreux experts le modèle actuel, basé sur des prix élevés des hydrocarbures, s'essouffle.

Le phénomène s'est aggravé en mars en raison de la confrontation avec les pays occidentaux qui a suivi la prise de la Crimée par la Russie.

gmo/lap

PLUS:hp