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Référendum: le premier ministre Rajoy contre «une Catalogne hors de l'Espagne et de l'Europe»

08/04/2014 11:24 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT
EFE

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy a affirmé mardi qu'il ne pouvait concevoir "une Catalogne hors de l'Espagne et de l'Europe", lors du débat sur le référendum sur l'indépendance de la région que les députés espagnols s'apprêtaient à rejeter massivement.

"Ensemble, nous gagnons tous, et séparés, nous perdons tous", a affirmé Mariano Rajoy, renouvelant son opposition au référendum que le président nationaliste catalan, Artur Mas, sous très forte pression de l'opinion publique, veut organiser le 9 novembre.

"Je défends une Catalogne qui reste en Espagne parce que je ne peux pas concevoir une Espagne sans Catalogne, ni une Catalogne hors de l'Espagne et de l'Europe", a-t-il plaidé.

Car attention "aux conséquences", a-t-il averti: "la Catalogne serait plus pauvre, sortirait de l'Union européenne, de l'euro, perdrait tous ses droits en tant que (région) espagnole".

"Ce n'est pas vrai que la Catalogne souffre d'une oppression insupportable. Ce n'est pas vrai qu'on asphyxie la langue (catalane, ndlr), qu'on torpille le bien-être social. Et il n'est pas vrai non plus qu'on n'aide pas dans les difficultés", a affirmé le chef du gouvernement.

"Et ce n'est pas vrai non plus que dans les pays civilisés, quand une région veut se séparer, on lui ouvre la porte pour qu'elle s'en aille", a-t-il ajouté en faisant référence à l'Ecosse où un référendum sur l'autodétermination est également prévu en septembre.

Une réponse aux représentants catalans qui ont fait état d'une "frustration" dans cette riche région du nord-est du pays.

Auparavant, plusieurs représentants de Catalogne s'étaient succédé à la tribune pour défendre le référendum répondant, selon eux à une lame de fond provenant des habitants de la région qui sont descendus par centaines de milliers dans la rue lors des deux dernières Diada (Jour de la Catalogne, le 11 septembre) pour crier "Independencia".

"Que personne ne s'y trompe: le peuple catalan ne s'est pas mis dans un voie sans issue. Il a entamé un chemin sans retour, un chemin démocratique et pacifique pour décider de son avenir", a affirmé Jordi Turull, le porte-parole de la CiU, coalition nationaliste au pouvoir en Catalogne.

"Nous sommes conscients que nous allons prendre la décision politique la plus importante de notre histoire récente", a-t-il ajouté.

Marta Rovira, la porte-parole de l'ERC, le parti indépendantiste de gauche qui dirige la Catalogne avec le CiU, a, elle, souligné "la sensation de frustration" des Catalans.

"Au bout du compte, la conclusion, c'est que ça ne marche pas. Nous avons l'impression qu'on ne nous accepte pas comme nous sommes, la façon dont nous pensons, dont nous parlons, dont nous rêvons", a-t-elle affirmé.

"Notre espoir, ni vous ni personne ne nous l'enlèvera. Nous voterons et nous gagnerons notre avenir", a-t-elle lancé.

Tirant le signal d'alarme depuis plusieurs mois sur la crise politique, l'opposition socialiste a réitéré son refus d'organiser un référendum d'autodétermination en Catalogne.

Pourquoi ? "Parce que vous nous demandez de vous transférer une compétence que personne n'a dans notre Constitution", a déclaré le chef du PSOE, Alfredo Perez Rubalcaba.

"Ce qu'il faudrait faire c'est réviser la Constitution" de 1978, élaborée pour sortir de la dictature de Francisco Franco. "Nous voulons faire une réforme de la Constitution ensemble parce que nous voulons vivre ensemble", a-t-il martelé.

Cette consultation, si elle a lieu, marquera le point d'orgue d'une forte poussée nationaliste dans cette région de 7,5 millions d'habitants, fière de sa langue et de sa culture, où les rancoeurs à l'égard de Madrid se sont nourries de la crise économique.

gr-ib/plh

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