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Processus de paix au Proche-Orient: Kerry accuse Israël de nuire aux discussions

08/04/2014 04:53 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Les efforts des États-Unis pour parvenir à un accord de paix au Proche-Orient ont vacillé quand Israël a refusé de libérer un groupe de prisonniers comme le demandaient les dirigeants palestiniens, puis annoncé de nouveaux projets de construction résidentielle à Jérusalem, a déclaré mardi le secrétaire d'État américain, John Kerry. Mais il espère encore que les négociations vont se poursuivre.

M. Kerry a tenu ces propos lors d'un témoignage de près de trois heures devant la commission des affaires étrangères du Sénat, à Washington.

Le secrétaire d'État a noté que tant les dirigeants israéliens que palestiniens avaient pris des mesures «non constructives» à l'approche de l'échéance du 29 avril qu'il s'est fixée pour décider si les négociations doivent se poursuivre ou être suspendues.

Mais ses propos n'ont laissé aucun doute sur le fait que les récentes décisions israéliennes ont mis le processus en péril.

Dans le cadre de l'accord sur la reprise des pourparlers, l'été dernier, Israël avait accepté de libérer quatre groupes de prisonniers reconnus coupables d'attentats ou d'actes de terrorisme, mais que les dirigeants palestiniens considèrent comme des résistants. Les trois premiers groupes ont été libérés comme prévu, mais le gouvernement israélien n'a pas libéré le quatrième, qui comprend certains Arabes israéliens qui pourraient vouloir revenir en Israël.

Peu après, Israël a annoncé des plans visant à construire 700 nouvelles unités résidentielles à Jérusalem, provoquant la colère des Palestiniens.

«Mon espoir est que les parties trouvent une façon de revenir en arrière», a déclaré M. Kerry devant le Sénat. «Nous travaillons avec eux pour tenter d'y arriver. Mais ils doivent, je le répète, ils doivent prendre cette décision fondamentale. Et j'espère qu'ils le feront.»

Le département d'État américain a fait bien attention de ne blâmer un camp en particulier pour la plus récente impasse dans le processus de paix relancé par les États-Unis, qui a donné peu de résultats et permis peu de progrès sur les éléments centraux d'un accord de paix final, notamment la délimitation des frontières, le statut de Jérusalem et la reconnaissance d'Israël comme État juif par les Palestiniens.

Les commentaires de M. Kerry ont provoqué la fureur de certains responsables israéliens, mardi. Naftali Bennett, ministre de l'Industrie issu d'un parti pro-colons qui est le principal allié de la coalition gouvernementale du premier ministre Benyamin Nétanyahou, a déclaré qu'«Israël ne s'excuserait jamais pour les constructions à Jérusalem».

Quelques heures après l'annonce des nouvelles constructions, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait abruptement relancé une campagne de reconnaissance de l'«État de Palestine» par des institutions internationales. Il avait promis de suspendre cette campagne durant les discussions, mais a renversé sa position quand il a constaté qu'Israël n'avait pas libéré les prisonniers comme prévu.

Durant l'audience au Sénat, M. Kerry n'a pas nié que cette initiative palestinienne ait violé les termes des négociations, mais a affirmé: «Ils n'ont pas encore d'État».

Aussi récemment que lundi soir, des négociateurs des deux camps ont rencontré des responsables américains pour tenter de relancer les discussions. Le département d'État a indiqué qu'il restait des désaccords entre les négociateurs, mais que les deux parties tentaient de trouver un compromis.

«Je ne vais pas suggérer que quelque chose est imminent, mais on doit toujours garder l'espoir dans ce processus très difficile et compliqué», a dit M. Kerry.

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