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Oscar Pistorius se décrit en homme brisé par la perte de l'idylle parfaite

08/04/2014 05:47 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT
THEMBA HADEBE via Getty Images
South African Paralympic track star Oscar Pistorius reacts during his trial for the murder of his girlfriend Reeva Steenkamp, at the North Gauteng High Court in Pretoria, on April 7, 2014. An emotional Oscar Pistorius took the stand as a witness in his defence on April 7, fighting through tears to apologise to the family of his girlfriend Reeva Steenkamp for killing her on Valentine's Day 2013. AFP PHOTO / POOL / THEMBA HADEBE (Photo credit should read THEMBA HADEBE/AFP/Getty Images)

Oscar Pistorius et sa petite amie Reeva Steenkamp se connaissaient depuis peu quand il l'a tuée en 2013. Qu'importe, c'est le portrait d'un homme amoureux et d'un couple faisant des projets d'avenir que le champion sud-africain a peint mardi d'une voix chevrotante à son procès.

Guidé par les questions de son avocat, qui depuis la veille s'attache à prouver que le meurtre était bien dû à une méprise, le jeune homme, sextuple médaillé paralympique, a raconté comment il avait rencontré Reeva le 4 novembre 2012 et s'était rapidement épris de la jeune mannequin.

Présentés par un ami concessionnaire de voitures de luxe, ils ont tout de suite été attirés l'un par l'autre et se sont téléphoné quotidiennement "pendant les six premiers jours", a-t-il dit. Il sortait depuis plusieurs mois avec la jeune Samantha Taylor mais, selon lui, la rupture était consommée.

Après Noël, "nous avons commencé à parler d'avenir avec Reeva (...) Nous envisagions réellement l'avenir ensemble", a ajouté l'athlète, les mains tremblantes à la barre, au deuxième jour de sa déposition.

Cet avenir devait prendre la forme notamment d'un appartement que Pistorius était en train d'acheter à Johannesburg, et pour lequel ils étaient allés ensemble choisir des éléments de décoration. Mais aussi, a-t-il dit, "elle me demandait de l'aide pour ses contrats, ceux qu'elle devait signer ou ne pas signer" comme top-model.

"J'étais très épris de Reeva. Je crois que j'avais plus de sentiments pour elle qu'elle n'en avait pour moi parfois. Je lui laissais prendre sa place, ce n'était pas toujours facile", a ajouté Pistorius, tentant de corriger l'image d'un garçon possessif et se croyant au-dessus des lois donnée de lui au début du procès.

L'accusation soutient qu'il a sciemment tiré sur Reeva après une dispute. Dans un message, celle-ci lui avait reproché ses scènes de jalousie, affirmant même: "Parfois, tu me fais peur".

Parlant comme un automate, d'une voix monocorde difficilement audible, même pour sa propre famille assise au premier rang du tribunal mais obligée de porter des écouteurs, Oscar Pistorius a lu les textos retrouvés dans le téléphone portable de sa victime, s'interrompant pour renifler bruyamment, ôter ses lunettes et s'essuyer avec un mouchoir, feuilletant le classeur préparé par sa défense, lisant encore, des "mon ange" et des "bisous", à n'en plus finir.

- Bon citoyen, bon chrétien -

"Reeva aimait dire les choses par écrit, elle pensait que c'était plus facile (...) Elle avait eu une relation difficile dans le passé (...) Elle se mettait facilement sur la défensive", a-t-il dit, revenant sur une dispute ayant éclaté quelques semaines avant le meurtre.

Pour cette nouvelle audience très attendue, la salle du tribunal de Pretoria était comble.

Déjouant les pronostics de plusieurs experts judiciaires qui avaient parié sur une déposition très brève, la défense de Pistorius a visiblement opté pour le garder le plus longtemps possible à la barre, avant que le procureur Gerrie Nel ne puisse l'interroger.

Pistorius, 27 ans, ne nie pas avoir tué Reeva mais il plaide non coupable et soutient qu'il a paniqué et tiré sur la porte fermée de ses WC en croyant à l'intrusion d'un cambrioleur.

Lundi, lors d'une audience digne d'une séance sur le divan, Oscar Pistorius est revenu sur sa biographie sportive mais aussi familiale, décrivant la place importante de sa mère, perdue à l'âge de 15 ans et son enfance, baignée par la crainte d'un cambriolage violent dans une Afrique du Sud alors au pic de sa criminalité.

Il a insisté sur sa discipline, jamais de drogues, pas d'alcool en saison sportive, choisissant "méticuleusement ses compléments", ne prenant "rien d'interdit". Le tribunal a même eu droit à une longue digression sur son amour des bêtes quand il a décrit son chien, "très placide et pas agressif", à l'opposé des défauts dont l'accablent l'accusation.

Bon citoyen, chrétien, mettant sa célébrité au service de nombreuses oeuvres de charité, Oscar Pistorius s'est aussi dépeint comme un garçon vulnérable en raison de son handicap, affirmant que "son chien pourrait le renverser" quand il ne porte pas ses prothèses.

En larmes, il a aussi demandé pardon à la famille de Reeva et raconté ses nuits peuplées de cauchemars depuis le meurtre, le réveillant "avec l'odeur de sang" ou en proie à des crises de terreur au point qu'il s'est une fois réfugié dans un placard.

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