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Les Roms toujours victimes de violence en Europe

08/04/2014 02:27 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

La fréquence des violences contre les Roms a nettement augmenté, notamment en France, et l'Union européenne comme ses Etats membres se sont révélés incapables de faire face à ce phénomène, affirme Amnistie Internationale dans un rapport publié mardi.

Selon l'organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme, les 10 à 12 millions de Roms recensés dans l'UE vivent sous la menace quotidienne d'une expulsion forcée, du harcèlement policier et de violentes agressions racistes.

Amnistie Internationale s'appuie dans ce document rendu public à l'occasion de la Journée internationale des Roms sur plusieurs cas recensés en Grèce, en République tchèque et en France pour dénoncer le phénomène, évoquant des attaques xénophobes dans les deux premiers pays et un harcèlement policier dans le troisième.

Selon l'ONG, la plupart des 20 000 Roms qui vivent en France sont sous la menace constante d'une expulsion souvent accompagnée d'un harcèlement policier, comme l'an dernier à Paris, Marseille, Lille, Saint-Denis ou Villeneuve d'Ascq.

« Selon les organisations de la société civile, le harcèlement policier contre les Roms migrants qui vivent dans des campements informels est monnaie courante », note le rapport, qui évoque des « dizaines de cas de harcèlement et d'intimidation de Roms par les policiers ».

Toujours selon Amnistie Internationale, les représentants du gouvernement français expriment souvent des points de vue discriminatoires et des préjugés à l'encontre des Roms.

Les policiers complices

En Grèce, l'ONG évoque l'inaction des policiers pour mettre un terme aux attaques contre les Roms, l'interpellation des victimes plutôt que des auteurs de crimes, la non protection des personnes « contre des attaques de groupes d'extrême droite » ou encore l'absence d'enquêtes.

« Dans de nombreux cas, les policiers eux-mêmes se rendent coupables de crimes inspirés par la haine », souligne le texte.

La police grecque a mené 1131 opérations dans des camps roms durant les neuf premiers mois de 2013 durant lesquelles elle a contrôlé 52 431 personnes dans ce pays où vivent entre 250 000 et 350 000 Roms.

En République tchèque, c'est aussi l'extrême droite qui est pointée du doigt par Amnistie Internationale.

« En 2013, des groupes tchèques d'extrême droite ont organisé une série de manifestations contre les Roms dans plusieurs dizaines de villes », dit-elle, mettant en exergue un
« déferlement d'injures racistes et de tactiques d'intimidation ».

Selon l'ONG, les communautés roms sont réinstallées à l'écart du reste de la population en France, en Grèce, en Italie et en Roumanie. La ségrégation scolaire des enfants roms se poursuit en Hongrie, en République tchèque, en Slovénie.

« Jusqu'à présent, la Commission européenne n'a pas su prendre les mesures fermes et claires contre la discrimination et la violence à l'égard des Roms dans les Etats membres », dit-elle. « Une application efficace des lois de l'UE contre la discrimination pourrait contribuer à changer la vie des Roms dans beaucoup d'Etats membres. »

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