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Le ministre Poilievre critique durement le directeur général des élections

08/04/2014 03:08 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le ministre d'État à la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, ne mâche pas ses mots contre le directeur général des élections (DGE) du Canada.

Il accuse Marc Mayrand de s'opposer à la proposition controversée de réforme électorale du gouvernement conservateur dans le seul but de s'approprier plus de pouvoirs et un budget plus important, et d'avoir moins de comptes à rendre au Parlement.

Allant encore plus loin, M. Poilievre a affirmé que M. Mayrand fait des allégations non fondées et « ahurissantes » lorsqu'il critique le projet de loi C-23. Le ministre d'État à la Réforme démocratique a dit vouloir rappeler au DGE que c'est lui qui est au service du Parlement, et non le contraire.

M. Poilievre a témoigné, mardi, devant un comité sénatorial qui a amorcé un « pré-examen » du projet de loi.

Un comité de la Chambre des communes tient simultanément des audiences sur le projet de loi, et n'a pas encore étudié de possibles amendements. L'ex-vérificatrice générale Sheila Fraser et l'ancien chef du Parti réformiste, Preston Manning, devaient d'ailleurs y témoigner mardi soir.

Le projet de loi C-23 a été critiqué par de nombreux experts au Canada et à l'étranger. M. Mayrand a souligné ne pas avoir été consulté lors de sa rédaction, pas plus d'ailleurs que le commissaire aux élections, Yves Côté, responsable de l'application de la Loi électorale et des enquêtes sur de présumées fraudes.

Ils ont tous les deux dénoncé le projet de loi du gouvernement conservateur, craignant que C-23 ne soit une entrave aux enquêtes et n'amenuise l'indépendance du commissaire.

Mardi, M. Mayrand a refusé de répondre directement aux attaques de M. Poilievre. Lors d'une présence devant le même comité du Sénat, plus tard dans la journée, il a de nouveau disséqué le projet de loi et mis l'accent sur cinq « aspects très préoccupants ».

« Mon rôle est de souligner au Parlement certains problèmes qui pourraient surgir de toute loi qui gouverne le processus électoral », a dit M. Mayrand après sa comparution devant le comité.

« Je crois que c'est mon devoir, ma responsabilité, et je tente de le faire avec le meilleur de mes capacités », a-t-il ajouté.

Il a réitéré ses préoccupations sur les restrictions proposées sur l'identification des électeurs - à savoir l'élimination du recours au répondant pour les électeurs qui ne peuvent pas fournir de preuve d'identité et d'adresse -, et l'élimination de la carte d'information de l'électeur accompagnée d'une autre pièce d'identité.

Il a dit évaluer à 120 000 le nombre d'électeurs actifs ayant recours à un répondant. Avec les règles proposées, il est probable qu'un grand nombre d'entre eux ne pourra pas voter, a-t-il soutenu.

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