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La gratification de Weaver

08/04/2014 09:13 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Un défenseur de petite taille, à caractère défensif, de 35 ans, obtenu contre un choix de cinquième tour... Non, l'acquisition de Mike Weaver le 4 mars dernier n'avait pas exactement enflammé Montréal.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

Et pourtant... Un mois plus tard, voilà que le vénérable Weaver s'établit peu à peu comme un membre à part entière de la brigade défensive du Canadien. Et c'est un peu l'histoire de sa carrière, celle de confondre les sceptiques.

« Je mesure 5 pi 8 et demi. C'est écrit 5 pi 10, mais tout le monde arrondit, a admis Weaver, après l'entraînement de lundi à Brossard.

« À chaque camp auquel j'ai participé, j'étais vu comme un joueur de profondeur. À ma première année chez les professionnels (à Orlando, dans la Ligue internationale), un des entraîneurs est venu me voir après que j'ai été laissé de côté pour les 3-4 premiers matchs. Il m'a dit : "Quand tu es arrivé, je me suis demandé ce que j'allais faire avec un défenseur défensif de 5 pi 9." »

Weaver a finalement disputé 68 matchs lors de cette saison 2000-2001, et les 16 rencontres éliminatoires, en route vers la conquête de la Coupe Turner.

C'est à se demander si l'opération charme n'a pas encore fonctionné pour Weaver. Laissé de côté dans deux de ses quatre premiers matchs à son arrivée à Montréal, voilà qu'il a disputé les 12 dernières rencontres du Tricolore, dont une performance de 25 minutes vendredi contre les Sénateurs à Ottawa.

Statistiques trompeuses

À première vue, on restera frappé par ses statistiques après 14 matchs à Montréal : un but, six passes et un incroyable différentiel de +11. Pas mal pour un arrière qui comptait 86 points en 585 matchs à son arrivée dans la métropole.

Pourtant, quand on parle à Weaver, il tourne sa récolte de points à la blague. « J'imagine que j'ai compris à qui passer la rondelle », lance-t-il, en toute simplicité.

Sur sa fiche de +4 samedi contre les Red Wings, « je déteste cette statistique, c'est la plus stupide. Sur deux des buts, Andrei Markov et Alexei Emelin ont relancé l'attaque, sont rentrés au banc pour changer, j'ai embarqué et j'ai eu un plus à ma fiche. »

En revanche, ses 25 tirs bloqués - il estime qu'il en a bloqué bien plus - retiennent son attention.

« Quand je bloque trois tirs pendant une présence et que je reviens au banc, les gars me félicitent et ça me suffit comme reconnaissance, soutient l'Ontarien. Je joue pour le joueur à côté de moi, on ne parle pas de moi dans le journal et ça me va parfaitement. »

Un Gorges droitier?

Sans être flamboyant, Weaver tente de se distinguer grâce à son jeu défensif, joue beaucoup en désavantage numérique et retire une fierté de bloquer des tirs. Marc Bergevin aurait-il mis la main sur un autre Josh Gorges?

Là où Weaver se démarque du numéro 26, cependant, c'est qu'il tire de la droite. C'est l'autre droitier du groupe d'arrières avec P.K. Subban. Depuis son arrivée, il permet donc à un Jarred Tinordi, par exemple, de jouer à gauche, de son côté naturel.

« Il solidifie notre défense, estime Gorges, blessé depuis l'arrivée de Weaver. Il joue de façon intelligente. Il ne se fait jamais battre, il gagne ses batailles, il bloque des tirs. J'essaie de faire ces choses-là aussi, donc si vous y voyez des ressemblances, ça me va! »

Comparaisons ou non, Weaver sait très bien quel est son rôle. Et s'il continue à le remplir aussi bien, il deviendra une option intéressante pour Bergevin l'été prochain, quand son contrat viendra à échéance. Après avoir passé les quatre dernières saisons en Floride, il pourrait s'établir un peu plus en permanence dans la métropole québécoise.

« Tout le monde a un rôle, et après environ deux saisons dans la Ligue nationale, j'ai compris quel était le mien. Un DG doit assembler un casse-tête, et chaque morceau est important », lance-t-il, avec philosophie.

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