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La CAQ sera l'opposition officielle, et non le PQ, estime Legault

08/04/2014 01:14 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, juge que sa formation aura officieusement le statut d'opposition officielle en raison de la désorganisation qui risque de régner au sein du Parti québécois (PQ) après sa dégelée historique.

La course à la direction qui se profile à l'horizon en vue de la succession de Pauline Marois — qui a annoncé lundi soir sa démission — risque d'accaparer la formation politique au cours des prochains mois.

Les députés péquistes pourraient donc être moins mobilisés qu'ils ne devraient l'être par les véritables enjeux, dont l'économie, a suggéré François Legault.

«Je me sens effectivement une responsabilité d'être la quasi-opposition officielle», a fait valoir le chef caquiste en conférence de presse, mardi, à Montréal.

Les péquistes devront par ailleurs se livrer à une sérieuse réflexion sur la pertinence de l'option souverainiste, car cette chimère d'un «pays imaginaire» nuit à la construction du «pays réel», ce qui permet au Parti libéral du Québec (PLQ) d'être porté au pouvoir «presque automatiquement», a analysé M. Legault.

«Je vais être franc: je crois sincèrement que ce n'est pas sain pour notre démocratie et pour le Québec qu'un parti politique puisse presque automatiquement prendre le pouvoir sans vraiment rien proposer», a-t-il laissé tomber sous le regard attentif de son épouse Isabelle Brais, qui l'aura suivi jusqu'aux derniers moments de la campagne électorale.

François Legault a d'ailleurs mentionné mardi qu'il était prêt à accueillir dans ses rangs tout député péquiste qui en viendrait à la même conclusion que lui, à savoir que l'indépendance n'est pas la priorité au Québec à l'heure actuelle.

«Tout le monde est bienvenu à la Coalition avenir Québec», a-t-il déclaré.

Il n'a cependant pas voulu préciser s'il avait l'intention d'entreprendre des démarches pour inciter des élus du Parti québécois à défroquer.

«Écoutez, on a du temps devant nous. On a quatre ans devant nous», s'est contenté de déclarer le leader au lendemain d'une soirée électorale enlevante, à l'issue de laquelle la CAQ a ravi de nombreuses circonscriptions au PQ au nord et au sud de Montréal.

Trois nouveaux venus ont d'ailleurs fait mordre la poussière à des ministres péquistes de premier plan, soit Yves-François Blanchet (Environnement), Bertrand St-Arnaud (Justice) et Pierre Duchesne (Enseignement supérieur).

En arrachant un total de 22 circonscriptions, la CAQ obtient le statut de parti officiel à l'Assemblée nationale, ce qui lui permettra d'avoir davantage de temps de glace au Salon bleu et de toucher un budget plus costaud.

«On peut conclure, en regardant les résultats, qu'on n'est pas très loin du Parti québécois en termes de pourcentage de votes, donc j'espère qu'on va être capables de trouver une proposition qui va permettre à la Coalition avenir Québec d'occuper toute la place qui lui revient», a exposé M. Legault.

La CAQ a obtenu 23,1 pour cent des voix, tandis que le Parti québécois a reçu l'appui de 25,4 pour cent des électeurs, selon les données officielles du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Les députés caquistes se retrouveront toutefois devant 70 élus du PLQ, qui a été reporté au pouvoir après une absence d'environ 18 mois avec 41,5 pour cent des suffrages.

Qu'est-ce que la réélection sans équivoque d'un parti éclaboussé à plusieurs reprises devant la Commission Charbonneau dit sur l'électorat québécois? Le chef a esquivé la question.

«M. Couillard — et il faut le féliciter pour ça — a réussi à faire de cette élection une élection quasi-référendaire, a commenté M. Legault. Les gens ont surtout voté pour ne pas avoir de référendum et ils pensaient que c'étaient les libéraux qui étaient les mieux placés pour ne pas avoir de référendum. C'est très difficile de sa battre contre ça.»

De toute façon, François Legault a de nouveau prévenu qu'il surveillerait de très près le chef libéral Philippe Couillard et ses troupes.

Il s'est par ailleurs dit «triste» de la tournure des événements pour son ancienne collègue péquiste Pauline Marois, «une femme qui a donné pas mal toute sa vie au Québec» et «qui était là parce qu'elle croyait vraiment à la cause du Québec».

En vertu de la loi sur les élections à date fixe adoptée sous le gouvernement Marois, les prochaines élections provinciales devraient avoir lieu le 1er octobre 2018.

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