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John Kerry reproche à Israël de nuire aux discussions de paix

08/04/2014 07:03 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a lancé une pique inhabituelle à Israël, mardi, alors qu'il comparaissait devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, à Washington.

Selon M. Kerry, Israël a entravé le processus de paix avec les Palestiniens en refusant, le 29 mars, de libérer un groupe de prisonniers palestiniens. « Puis, un jour, deux jours, trois jours sont passés et, dans l'après-midi, quand ils [les Israéliens ] pouvaient peut-être le faire, 700 logements de colonisation étaient annoncés à Jérusalem et " pouf ", voilà où nous en sommes », a déclaré John Kerry.

Le secrétaire d'État avait remis le processus de paix sur les rails fin juillet 2013, et ce, après trois ans de gel des pourparlers. Mardi, à Washington, M. Kerry a tenu à dire qu'à son avis, tant les Israéliens que les Palestiniens avaient pris, depuis ce temps, des mesures « non constructives » qui ont eu pour conséquences de faire vaciller le processus de paix.

Mais, en dépit de cette nuance apportée par le secrétaire d'État américain, les Israéliens ont pris ombrage de ses critiques. « J'ai entendu que le programme de construction à Jérusalem avait été défini par un " pouf " », a ironisé le ministre israélien de l'Économie, Naftali Bennett. Ce chef d'un parti nationaliste religieux a ajouté qu'en aucun temps, Israël ne s'excuserait pour ses constructions à Jérusalem.

Devant cette réaction de l'État hébreu, le département américain a tenté de calmer le jeu en affirmant que John Kerry ne s'était pas livré à un « jeu d'accusations ».

Les parties palestinienne et israélienne poursuivent leurs discussions depuis dimanche sous médiation américaine. L'échéance de ces pourparlers a été fixée au 29 avril.

Devant les critiques de la commission de sénateurs, qui doutent de la capacité américaine à trouver un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, le secrétaire d'État a affirmé qu'il était prêt à endosser la responsabilité d'un éventuel échec de la politique étrangère américaine au Proche-Orient. « Vous voulez me mettre ça sur le dos. Il se peut que j'échoue, mais cela vaut la peine d'essayer », s'est-il exhorté à dire aux sénateurs.

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