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France: Manuel Valls s'engage à baisser charges et impôts

08/04/2014 11:16 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre socialiste français, Manuel Valls, s'est engagé à baisser le coût du travail et à améliorer le pouvoir d'achat des familles modestes, dans sa déclaration de politique générale très attendue neuf jours après la déroute de la gauche aux élections municipales.

Manuel Valls, 51 ans, qui jouait sa crédibilité avec ce discours, a confirmé les orientations données en début d'année par le président François Hollande.

Dans un discours d'un peu plus de trois quarts d'heure, il a tenté de convaincre les députés de ses capacités à donner un nouveau souffle à l'action publique, et de redonner confiance aux Français lassés de l'impuissance de l'exécutif à relancer la croissance et faire baisser le chômage.

Il a ainsi promis une baisse du coût du travail de 30 milliards d'euros d'ici à 2016, qui passera notamment par une suppression des charges pour l'employeur d'un salarié payé au salaire minimum. Cette mesure s'inscrira dans le "pacte de responsabilité" annoncé par François Hollande le 14 janvier, destiné à relancer les embauches et, partant, à diminuer le chômage qui plafonne à près de 10%.

Manuel Valls s'est aussi engagé à poursuivre le redressement des comptes publics avec l'objectif de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique de 2015 à 2017. Cependant, a-t-il averti, "les efforts que nous faisons sur la réduction de nos déficits, sur nos réformes structurelles, sur la compétitivité des entreprises, sur le coût du travail, ne doivent pas être balayés par un niveau trop élevé de l'euro".

Il a également souhaité que l'Union européenne retrouve la croissance "au travers de politiques de grands investissements, de politiques pour l'emploi, notamment tournées vers la jeunesse".

Le nouveau Premier ministre, contraint d'incarner à lui seul le changement annoncé par le président français après le désaveu des municipales (la plupart des ministres de son prédécesseur Jean-Marc Ayrault se retrouvent dans son équipe), a dit vouloir répondre à la "crise de confiance" qui frappe l'exécutif.

"La crise économique et sociale n'explique pas tout, il y a aussi une crise civique, une crise d'identité", a-t-il estimé, alors que les municipales se sont traduites par un taux record d'abstention et une montée de l'extrême droite.

Il a ainsi souhaité "l'apaisement" sur les sujets de société, près d'un an après l'adoption du mariage homosexuel qui avait provoqué une levée de boucliers à droite ainsi que chez les catholiques et musulmans conservateurs.

Sa déclaration devait être soumise dans la soirée au vote des députés, après un débat. Le résultat de ce vote ne fait guère de doute, les socialistes étant majoritaires à l'Assemblée.

- Marge de manoeuvre étroite -

Une partie d'entre eux, ainsi que les écologistes qui ne font plus partie du gouvernement tout en restant à priori dans la majorité, attendaient une nouvelle orientation économique, moins soumise aux exigences de rigueur de Bruxelles.

Les Français "doivent savoir que le risque existe que vous n'ayez pas de majorité durable, ici à l'Assemblée, pour mener votre politique", a lancé le chef de file des députés UMP (opposition de droite ) Christian Jacob. L'UMP a annoncé que ses élus voteront à l'unanimité contre la politique annoncée par Manuel Valls. Ce sera aussi le cas des communistes et de leurs alliés hostiles à sa politique "social-libérale".

La marge de manoeuvre du Premier ministre était étroite puisque la ligne a été fixée par le président début janvier avec le "pacte de responsabilité", promettant aux entreprises une baisse du coût du travail dans l'espoir de relancer l'emploi, complété par des promesses de relance du pouvoir d'achat.

Ce programme laisse prévoir un dérapage des déficits publics, en contradiction avec les engagements pris par la France auprès des institutions européennes de ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB l'an prochain (4,3% en 2013).

"Il faut redresser nos comptes publics mais sans casser notre modèle social et nos services publics", a plaidé mardi Manuel Valls, "Ce nécessaire équilibre, nous allons à nouveau l'expliquer à nos partenaires européens", a-t-il ajouté.

"La reprise est là, mais elle est fragile", a-t-il aussi fait valoir. L'institut national de la statistique a annoncé mardi que l'économie française est "dans une phase de reprise mais sans accélération" (+1% au 1er trimestre et +0,3% au deuxième).

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