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France : Manuel Valls obtient la confiance des députés pour engager ses réformes

08/04/2014 01:15 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre socialiste français, Manuel Valls, a obtenu mardi soir la confiance des députés sur sa déclaration de politique générale qui a tenté de donner un nouveau souffle aux promesses de relance économique déjà annoncées par François Hollande.

L'épreuve a été passée haut la main par 306 voix contre 239, même si 19 voix de la majorité parlementaire lui ont manqué.

Neuf jours après la déroute de la gauche aux élections municipales, Manuel Valls a promis aux Français "vérité" et "efficacité", tranchant avec l'absence de charisme de son prédécesseur Jean-Marc Ayrault par son style volontariste et ses envolées lyriques sur la "grandeur" de la France", "un pays qui a toujours vu plus grand que lui".

L'ancien ministre de l'Intérieur, né en Espagne il y a 51 ans et naturalisé français à 20 ans, savait qu'il jouait sa crédibilité avec ce discours qui ne pouvait que confirmer la "feuille de route" fixée par le président Hollande en début d'année.

Contraint d'incarner à lui seul le changement après le désaveu des municipales (la plupart des ministres de Jean-Marc Ayrault se retrouvent dans son équipe), Manuel Valls a dit vouloir répondre à la "crise de confiance" qui frappe l'exécutif.

Il a promis une baisse du coût du travail de 30 milliards d'euros d'ici à 2016, qui passera notamment par une suppression des charges pour l'employeur d'un salarié payé au salaire minimum. Cette mesure s'inscrira dans le "pacte de responsabilité" annoncé par François Hollande le 14 janvier, destiné à relancer les embauches et, partant, à réduire le chômage qui plafonne à près de 10%.

Manuel Valls s'est aussi engagé à poursuivre le redressement des comptes publics avec l'objectif de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique de 2015 à 2017. Cependant, a-t-il averti, "les efforts que nous faisons sur la réduction de nos déficits, sur nos réformes structurelles, sur la compétitivité des entreprises, sur le coût du travail, ne doivent pas être balayés par un niveau trop élevé de l'euro".

Il a également souhaité que l'Union européenne retrouve la croissance "au travers de politiques de grands investissements, de politiques pour l'emploi, notamment tournées vers la jeunesse".

"La crise économique et sociale n'explique pas tout, il y a aussi une crise civique, une crise d'identité", a-t-il estimé, alors que les municipales se sont traduites par un taux record d'abstention et une montée de l'extrême droite.

- Politique "social-libérale"

Il a ainsi souhaité "l'apaisement" sur les sujets de société, près d'un an après l'adoption du mariage homosexuel qui avait provoqué une levée de boucliers à droite ainsi que chez les catholiques et musulmans conservateurs.

Une "loi de transition énergétique" a été annoncée pour avant l'été, avec l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité.

Enfin, une simplification territoriale sera engagée avec la diminution du nombre de régions et la suppression des conseils départementaux.

Quelques députés de l'aile gauche du parti socialiste et une partie des écologistes, qui ne participent plus au gouvernement, se sont abstenus.

Quant aux communistes et leurs alliés, ils se sont prononcés contre une politique "social-libérale".

Les Français "doivent savoir que le risque existe que vous n'ayez pas de majorité durable, ici à l'Assemblée, pour mener votre politique", a lancé Christian Jacob, le chef de file des députés UMP (opposition de droite) qui ont voté contre la confiance.

La présidente du Front national Marine Le Pen (qui ne dispose d'aucun mandat électif) a estimé que Manuel Valls "envoyait la France dans le mur".

Le programme du gouvernement laisse prévoir un dérapage des déficits publics, en contradiction avec les engagements pris par la France auprès des institutions européennes de ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB l'an prochain (4,3% en 2013).

"Il faut redresser nos comptes publics mais sans casser notre modèle social et nos services publics", a plaidé mardi Manuel Valls, "Ce nécessaire équilibre, nous allons à nouveau l'expliquer à nos partenaires européens".

"La reprise est là, mais elle est fragile", a-t-il aussi fait valoir. L'institut national de la statistique a annoncé mardi que l'économie française était "dans une phase de reprise, mais sans accélération" (+1% au 1er trimestre et +0,3% au deuxième).

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