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Des pilotes de First Air suspendus pour déviation de trajectoire

08/04/2014 03:48 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

First Air, la ligne aérienne du Nord canadien, a suspendu avec solde les pilotes d'un vol qui s'est écarté de centaines de kilomètres de son trajet jusqu'à ce qu'une enquête fasse la lumière sur cette histoire.

Par voie de communiqué, le transporteur aérien dit avoir lancé une enquête dès qu'il a appris, la semaine dernière, l'incident survenu lors de ce vol de Ranking Inlet à Iqaluit, au Nunavut. Le Boeing 737-200 transportait 19 passagers et 4 employés.

Le communiqué déclare que les passagers et le personnel n'ont jamais été en danger et que « le vol a atterri sans autre incident ».

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) est impliqué dans le dossier. First Air a d'ailleurs dit vouloir travailler de pair avec l'instance gouvernementale dans le cadre de l'enquête.

Le fil des événements

Selon le BST, l'avion a quitté comme prévu Rankin Inlet, à l'ouest de la baie d'Hudson, le 31 mars, mais s'est dirigé vers le nord-est au lieu d'aller directement à Iqaluit, ville située à l'est.

Le directeur régional de la BST à Winnipeg, Peter Hildebrand, a expliqué que le Boeing volait en utilisant le pilote automatique jusqu'au moment où les pilotes se sont rendu compte qu'ils n'avaient pas été transférés du contrôle de la circulation aérienne d'Edmonton à celui de Montréal.

À ce moment, ils étaient incapables d'établir la transmission avec Montréal. C'est un autre avion qui leur a relayé un message des contrôleurs aériens de la métropole québécoise. « Ils ont alors réinitialisé leurs instruments et ont procédé directement à Iqaluit », a indiqué M. Hildebrand.  

Du personnel d'entretien de First Air a inspecté l'appareil et son système GPS à son arrivée à Iqaluit. Ils n'ont trouvé aucune défaillance et ont permis aux pilotes de poursuivre leur route, qui repassait à Rankin Inlet pour se terminer à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Risques

Selon Hildebrand, lorsqu'un avion s'éloigne de sa route prévue, il y a « le risque de se retrouver à proximité d'autres appareils ». 

Bien que ce ne fût pas le cas du vol concerné, qui avait assez d'essence pour se rendre jusqu'au Labrador, il y a aussi possibilité de se retrouver à court de carburant si la distance parcourue dépasse de beaucoup la distance prévue.

Dans le cadre de son enquête, First Air fera une révision des procédures pour comprendre ce qui s'est passé et pourquoi. Une des premières étapes est d'observer comment les pilotes ont programmé le système de gestion du vol à bord.

De son côté, le BST n'a pas lancé d'enquête indépendante, mais il gardera un œil sur celle de First Air, a expliqué Hildebrand.

Il ajoute que l'enquête pourrait être ardue, puisqu'il n'est pas assuré qu'il sera possible de « recréer toutes les circonstances de ce qui s'est passé ».

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