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Des ONG s'inquiètent de la baisse de l'aide au développement française

08/04/2014 10:42 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Des ONG s'inquiètent mardi de la baisse de l'aide française aux pays pauvres en 2013 et de l'absence d'un ministre délégué au développement au gouvernement.

Selon les chiffres de l'OCDE publiés mardi, l'Aide publique au développement (APD) française a diminué de 9,8% en 2013 alors qu'elle a augmenté de 6,1% dans le monde la même année. La France reste le 5e pays en volume d'aide.

"Alors même que les urgences mondiales et les défis du développement n'ont jamais été aussi grands, la France tourne un peu plus le dos à ses engagements internationaux, notamment celui de consacrer 0,7% du revenu national brut à la solidarité internationale", objectif défini par les Nations unies, déplore Oxfam dans un communiqué.

Ces coupes "affectent déjà les programmes de soutien au développement des services publics, en particulier dans le domaine de la santé", selon l'ONG.

"Plus de ministre du développement, forte baisse des budgets, nous assistons à une dépriorisation claire de la solidarité internationale dans l'action gouvernementale. (...) La France baisse-t-elle les bras ? ", s'interroge Christian Reboul, d'Oxfam France.

Coordination Sud, qui compte plus de 140 ONG françaises de solidarité internationale, exprime "sa très vive inquiétude de voir ces crédits diminuer fortement" .

"La contraction de l'aide publique au développement n'est pas une fatalité : le Royaume Uni, pourtant dans une situation économique similaire à celle de la France, a atteint l'objectif des 0,7% suite à une augmentation de son APD de 27,8% en 2013", souligne Bernard Pinaud, vice-président de Coordination Sud, dans un communiqué.

Parmi les pays de l'OCDE ayant atteint ou dépassé cet objectif figurent aussi le Danemark, le Luxembourg, la Norvège et la Suède.

Autre sujet de préoccupation des ONG: l'absence d'un ministre délégué au développement, poste occupé par Pascal Canfin jusqu'au remaniement. "Des bruits courent sur la nomination d'un secrétaire d'Etat mais ce n'est pas la même chose", note Elise Rodriguez, responsable plaidoyer à Action contre le faim. Il reste à savoir s'il "sera pleinement dédié au développement".

Autre "facteur inquiétant", relève-t-elle, "la décision historique d'attacher le commerce extérieur au ministère des Affaires étrangères". "Qu'est-ce qui va primer demain?", s'interroge Elise Rodriguez: "la diplomatie économique" ou "la diplomatie des droits de l'Homme"?

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