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Atrocités en Syrie: la commissaire aux droits de l'homme blâme le régime

08/04/2014 05:37 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

NATIONS UNIES, États-Unis - Les atrocités perpétrées par le gouvernement syrien «dépassent largement» les crimes commis par les insurgés et le régime du président Bachar el-Assad est «principalement responsable» des violations des droits de la personne constatées depuis trois ans, a déclaré mardi la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.

Navi Pillay a affirmé que les abus commis par les deux camps devaient être documentés et soumis à la Cour pénale internationale (CPI), mais a estimé que les agissements des deux parties n'étaient pas comparables.

Les violations perpétrées par les forces gouvernementales — meurtres, actes de cruauté, détentions arbitraires et disparitions — «dépassent largement» celles des insurgés, a-t-elle déclaré aux journalistes, en marge de son témoignage devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Mme Pillay semblait ainsi faire référence au rapport publié en mars par la commission d'enquête du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur les crimes de guerre en Syrie, qui a déterminé qu'il y avait une totale impunité en ce qui concerne les violations des droits de la personne dans le pays. Le rapport a aussi estimé que la responsabilité de ces gestes remontait au sommet du gouvernement.

La Haute-Commissaire fait pression depuis 2011 pour que les crimes de guerre commis en Syrie soient soumis à la CPI. Le dossier doit être référé par le Conseil de sécurité, mais la Russie et la Chine, deux membres permanents qui disposent du droit de veto, s'opposent à toute sanction sérieuse contre le régime de Damas.

L'ambassadrice nigériane U. Joy Ogwu, qui assume la présidence tournante du Conseil de sécurité ce mois-ci, a noté que le conseil restait bloqué en ce qui concerne le transfert du dossier syrien à la CPI.

Aide de l'Iran

Des médias officiels syriens ont par ailleurs annoncé, mardi, que l'Iran avait fourni 30 000 tonnes de nourriture à la Syrie pour aider le gouvernement à faire face aux pénuries causées par la guerre civile.

Cette aide alimentaire, arrivée récemment dans un port syrien, s'inscrit dans le cadre d'un appui plus large de l'Iran au président Bachar el-Assad, qui se prépare à briguer un troisième mandat alors que son armée combat les rebelles qui tentent de le renverser depuis trois ans.

L'Iran est le principal soutien du régime syrien depuis le début de la guerre, fournissant un appui militaire par l'entremise du Hezbollah libanais et conseillant le gouvernement sur la meilleure stratégie à adopter pour écraser l'opposition.

Le régime iranien fournit également de l'argent à la Syrie pour empêcher son économie de s'effondrer. Le mois dernier, Téhéran a octroyé un prêt de 3,6 milliards $US, permettant à Damas d'acheter des produits pétroliers et de freiner la plongée de la livre syrienne.

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