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Tunisie: la Constituante engage le débat sur la future loi électorale

07/04/2014 01:54 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

La Constituante tunisienne a commencé à débattre lundi après-midi du projet de loi électorale devant permettre la tenue d'élections générales dans l'année et dont l'examen a pris un retard important, empêchant la préparation de ces échéances cruciales pour la Tunisie.

Dans un hémicycle à moitié vide, les élus ont débuté le "débat général" sur ce projet de loi prévu pour durer au moins jusqu'à mardi soir.

Les dates du vote des articles du texte et l'examen des amendements n'ont pas été fixées dans l'immédiat.

"Le mouvement Ennahda est soucieux de préserver l'unité nationale et le consensus", a déclaré le chef du groupe parlementaire du parti islamiste majoritaire à l'Assemblée nationale constituante (ANC), Sahbi Atig.

Il a dénoncé les "obsessions partisanes et électoralistes" d'autres formations politiques sans préciser lesquelles, alors que le texte de la loi électorale pourrait faire l'objet d'âpres débats, près de 500 amendements ayant été déposés.

L'élaboration du projet, qui aurait dû être achevé en janvier, a pris beaucoup de retard, les élus ayant bataillé en priorité pour adopter la Constitution début 2014, trois ans après la révolution qui lança le Printemps arabe.

Le vote sur ce projet de loi ne pourra par ailleurs intervenir qu'une fois un mécanisme de contrôle de constitutionnalité mis en place. L'ANC doit s'acquitter de cette tâche mi-avril.

La classe politique a fait inscrire dans la Constitution que les élections doivent se tenir avant la fin de l'année. Dans la foulée, les islamistes d'Ennahda ont laissé le pouvoir à un gouvernement apolitique pour conduire la Tunisie vers ces scrutins.

Or certains acteurs tunisiens commencent à douter de la viabilité de ce calendrier, l'ISIE, l'instance chargée d'organiser les législatives et la présidentielle n'ayant ni budget, ni bureaux, ni législation sur laquelle s'appuyer pour engager ces travaux.

La Constitution tunisienne a été adoptée en janvier 2014 après une longue crise politique qui a paralysé le pays pendant des mois, sur fond d'essor de la menace jihadistes et de bataille entre les islamistes d'Ennahda et leurs détracteurs.

La tenue d'élections en 2014 doit permettre de doter le pays d'institutions pérennes pour la première fois depuis la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

ms-alf/cco

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