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Trésor Gurlitt: Litige autour de la restitution d'un tableau de Matisse

07/04/2014 06:19 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Un tableau de Matisse, "Femme assise", issu d'un trésor artistique retrouvé chez un octogénaire allemand Cornelius Gurlitt, fait l'objet d'un litige, deux parties se disputant désormais sa propriété, a annoncé le porte-parole de M. Gurlitt lundi.

Fin mars, un accord était pourtant en vue pour la restitution de ce Matisse aux héritiers du marchand d'art français juif Paul Rosenberg. Mais une deuxième partie réclame désormais la restitution du tableau.

"Je suis juridiquement obligé d'examiner d'abord les réclamations du nouveau demandeur avant la restitution du tableau", a souligné l'avocat de M. Gurlitt, Christoph Edel, cité dans un communiqué.

Il risque, dans le cas contraire, de voir engagées des poursuites contre lui "si par erreur le tableau n'était pas restitué à l'ayant-droit", a ajouté M. Edel, par ailleurs chargé d'assurer la tutelle du vieil homme.

"Mais cela ne change absolument rien à la position que nous avons déjà clairement communiquée de restituer les tableaux", a-t-il ajouté.

Le porte-parole de Gurlitt, Stephan Holzinger, a indiqué qu'un groupe de travail (taskforce) chargé d'établir la provenance des oeuvres d'art retrouvées chez M. Gurlitt n'avait pas encore réussi à déterminer l'origine de ce Matisse.

Il a précisé à l'AFP qu'il ne pouvait livrer aucune information sur l'identité du nouveau demandeur, ni même indiquer sa nationalité.

Contactée par l'AFP, la "taskforce" s'est refusée à tout commentaire.

Un avocat de la famille Rosenberg s'est dit surpris qu'une telle information soit livrée aux médias alors que la "taskforce" n'a pas publié de documents concernant "une supposée seconde demande de restitution". Il a souligné qu'il était "hautement inhabituel" que des chercheurs agissent ainsi.

"Femme assise" devait être le premier tableau du trésor de 1.406 oeuvres d'art, trouvé dans l'appartement munichois de M. Gurlitt en 2012, à être restitué aux héritiers d'un propriétaire juif spolié, en l'occurrence le marchand d'art juif français Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste française Anne Sinclair.

Parmi les quelque 1.400 oeuvres de son appartement se trouvent des dessins, gravures et peintures dont la majeure partie pourrait avoir été soit volée ou extorquée à des familles juives, soit saisie dans des musées comme faisant partie de ce que les nazis classaient dans la catégorie "Art dégénéré".

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