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Renouvelables: l'ONU confirme la baisse des investissements en 2013

07/04/2014 01:38 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Les investissements dans les énergies renouvelables (ENR) ont reculé l'an passé, avec un coup de frein particulièrement marqué en Europe, pour la première fois dépassée par la Chine, a confirmé lundi un rapport de l'ONU.

L'an passé, les investissements dans les ENR (hors grands barrages hydroélectriques) se sont élevés à 214 milliards de dollars dans le monde, 14% de moins qu'en 2012 et 23% de moins que lors de l'année record de 2011, selon cette étude du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE).

Ces chiffres sont en ligne avec la tendance mesurée par d'autres études parues depuis le début de l'année.

Le PNUE attribue ce recul à deux raisons principales: "l'incertitude politique dans plusieurs marchés", c'est-à-dire des doutes sur l'avenir de certaines subventions et mesures de soutiens aux énergies renouvelables, mais aussi "les coûts d'équipements en baisse dans le solaire".

En effet, quelque 39 gigawatts de panneaux solaires ont été installés l'an passé, "mais pour moins d'argent que le montant moins élevé de 31 gigawatts de 2012", souligne l'étude onusienne.

Le solaire (114 milliards de dollars, -20%) et l'éolien (80 milliards de dollars, -1%) restent de très loin les deux énergies qui concentrent les investissements.

Les biocarburants ont reculé à leur plus bas niveau en neuf ans (8 milliards, -26%), tandis que la biomasse et l'énergie des déchets ont également généré moins d'intérêt (8 milliards, -28%), de même que la petite hydroélectricité (moins de 50 mégawatts) qui est tombée à 5 milliards (-16%).

La capture et la séquestration (CCS) de gaz carbonique chute de 59% à 1,8 milliard, tandis que la géothermie va à contre-courant avec une hausse de 38% à 2,5 milliards de dollars.

Exclus du total, les grands projets hydroélectriques ont représenté 35 milliards d'investissements, pour au moins 20 gigawatts de nouvelles capacités de production.

L'électricité reste le domaine phare des énergies renouvelables: l'an passé, elles ont représenté (hors grands barrages hydroélectriques) 43,6% des nouvelles capacités électriques installée dans le monde. Et la part des ENR dans le parc de production électrique mondial a grimpé de 7,8% à 8,5% en 2013.

Par zones géographiques, la Chine, malgré une baisse de 6% des investissements en 2013 à 56 milliards de dollars, ravit le titre de premier marché mondial à l'Europe, où l'activité s'est effondrée (-44% à 48 milliards). Suivent les Etats-Unis (-10% à 36 milliards) et le Japon (+80% à 29 milliards), qui connaît un boom dans le photovoltaïque après l'arrêt de ses réacteurs nucléaires. L'Inde (-15% à 6 milliards) et le Brésil (-54% à 3 milliards), au plus bas depuis 2005, ont contribué au recul mondial.

Après neuf années de croissance, c'est la première fois que les investissements des pays émergents dans ce domaine ont reculé (-14% en 2013, à 93 milliards). Le recul est identique dans les pays développés (-14% à 122 milliards). Mais le PNUE rappelle que le coût des éoliennes terrestres et des panneaux photovoltaïques a chuté de 25% et 53% respectivement depuis mi-2009, ce qui réduit l'investissement nécessaire pour un même projet.

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