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Le procès Pistorius reprend avec le témoignage d'un médecin légiste

07/04/2014 05:11 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT
THEMBA HADEBE via Getty Images
South African Paralympic track star Oscar Pistorius attends his trial in Court in Pretoria on April 7, 2014. As the defence opens its case, the 27-year-old Paralympian will give the court his first account of why he shot dead his model girlfriend Reeva Steenkamp in the early hours of Valentine's Day in 2013. POOL AFP PHOTO Themba Hadebe (Photo credit should read THEMBA HADEBE/AFP/Getty Images)

Le procès du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a repris lundi matin à Pretoria avec le témoignage du médecin légiste Jan Botha, qui devait précéder la déposition de l'athlète lui-même, accusé d'avoir assassiné son amie Reeva Steenkamp en février 2013.

S'appuyant sur des articles scientifiques, le Dr Botha a commencé par mettre en cause les conclusions de son confrère Gert Saayman, cité par l'accusation. Celui-ci avait trouvé les reliefs d'un repas avalé vers 01H00 du matin par Reeva Steenkamp, le 14 février 2013, ce qui contredit la version de Pistorius, qui affirme que le couple s'était tranquillement couché vers 22H00.

Jan Botha, qui n'a pas lui-même examiné la victime, a estimé qu'il ne fallait pas être "dogmatique" dans le calcul du temps nécessaire à la digestion avant un décès, et que les médecins légistes ne pouvaient qu'"observer". Selon lui, il s'agit d'une "science hautement sujette à controverse et inexacte".

L'ingestion du dernier repas "aurait pu avoir lieu une heure ou deux (avant la mort), elle aurait pu avoir eu lieu bien plus tôt", a noté le médecin légiste, qui dit avoir procédé pendant sa carrière à plus de 25 000 autopsies.

Abordant l'ordre dans lequel les quatre balles ont atteint la victime, le Dr Botha est d'accord avec les experts produits par l'accusation: d'abord la hanche, la tête en dernier. Reeva aurait donc eu le temps de crier avant de mourir, comme l'estime le procureur.

En revanche, Jan Botha estime qu'elle n'était pas en position défensive quand l'athlète lui a tiré dessus.

C'est à ce moment de l'audience qu'Oscar Pistorius semble avoir été pris de nausées. On lui a alors apporté un bassin en plastique, comme lorsqu'il avait vomit au début du procès en entendant les détails de l'autopsie de sa victime.

- Agressif et théâtral -

Le procureur Gerrie Nel a ensuite entrepris de démonter le témoignage du légiste dans un vif contre-interrogatoire, agressif et théâtral, offrant un avant-goût de ce qui attend Oscar Pistorius.

Il lui a notamment fait reconnaître qu'il n'était pas un expert en balistique. "Je n'ai jamais dit que je sais, je dis je crois, je ne suis pas aussi présomptueux", a dû se défendre le médecin.

"J'essaie d'être aussi précis que possible", a lancé le procureur, qui a accusé la défense de chercher systématiquement à brouiller les pistes.

M. Nel a ensuite obtenu une demi-heure de suspension pour consulter Gert Saayman, son propre expert.

Oscar Pistorius, 27 ans, doit témoigner après le médecin, peut-être en fin de matinée, ou dans l'après-midi, ou mardi, en fonction de la longueur du témoignage de Jan Botha.

La déposition d'Oscar Pistorius -- dont les images ne seront pas diffusées en direct à la télévision -- est particulièrement attendue. L'athlète explique qu'il a tué par erreur son amie à 03H17 au matin de la Saint-Valentin 2013, la prenant pour un cambrioleur caché dans ses toilettes.

L'accusation croit au contraire qu'il l'a abattue sciemment et a produit des témoignages troublants pendant les quinze premières audiences de ce procès ultra-médiatisé devant un tribunal de Pretoria.

Le procès, qui a débuté le 3 mars, avait été ajourné le 28 mars car l'un des assesseurs était souffrant.

L'avocat de la défense Barry Roux a indiqué qu'il comptait appeler entre 14 et 17 témoins à la barre pour entendre leur expertise sur la balistique, le vidage de la vessie de la victime, les dommages apportés à la porte des toilettes à travers laquelle Pistorius a tiré, la portée du bruit --pour savoir si les voisins ont pu entendre des cris-- et la vulnérabilité des handicapés.

Les audiences pourraient se poursuivre jusqu'à la mi-mai.

Avant l'ouverture de l'audience, des journalistes de la presse étrangère ont manifesté en solidarité avec les journalistes de la chaine de télévision Al-Jazeera détenus en Egypte depuis cent jours.

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