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Menace grandissante de sécession dans l'est de l'Ukraine

07/04/2014 11:31 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

L'Ukraine fait plus que jamais face à une menace de sécession dans l'est de son territoire, peuplé en majorité de russophones. Kiev craint une répétition du scénario qui s'est produit en Crimée et accuse Moscou de tenter de le déstabiliser.

Dans l'est de l'Ukraine, lundi, des protestataires prorusses ont proclamé une « république souveraine » à Donetsk et revendiqué leur rattachement à la Russie. Ces protestataires, qui occupent depuis dimanche le siège du parlement régional à Donetsk, réclament l'organisation d'un référendum d'autodétermination, d'ici le 11 mai.

En Ukraine, une élection présidentielle anticipée est prévue le 25 mai. De l'avis des dirigeants de Kiev, les troubles ou les demandes de référendums émanent de Moscou, qui a dans sa mire l'idée d'un rattachement à la Russie ou d'une « fédéralisation » de l'Ukraine.

Pour le président tchèque, Milos Zeman, l'Occident devra réagir avec vigueur, éventuellement en envoyant des troupes de l'OTAN en Ukraine, si la Russie tente d'annexer l'est de ce pays.

Les États-Unis ont annoncé l'envoi ce mois-ci de chasseurs F-16 qui participeront à des manoeuvres en Roumanie. L'OTAN estime à 40 000 les troupes russes qui sont massées aux frontières de l'Ukraine.

Le président par intérim de l'Ukraine, Olexander Tourtchinov, accuse Moscou d'orchestrer une « seconde phase » de démantèlement de l'Ukraine, après l'annexion de la Crimée. Rappelons que le 21 mars dernier, la Crimée est entrée officiellement dans la Fédération de Russie, peuplée majoritairement de russophones. La Crimée appartenait depuis 1954 à l'Ukraine.

Moscou demande à Kiev d'arrêter les accusations 

Mais, lundi, Moscou a intimé Kiev de cesser de pointer du doigt la Russie « pour tous les problèmes qu'éprouve actuellement l'Ukraine ». Le ministère russe des Affaires étrangères a réitéré l'appel de Moscou pour l'octroi de pouvoirs accrus aux régions de l'Ukraine afin de leur conférer plus d'autonomie.

« Si les forces politiques qui se présentent comme les nouvelles autorités ukrainiennes n'abandonnent pas leur attitude irresponsable envers un pays, une nation (la Russie), cela ne
peut qu'entraîner de nouveaux ennuis et de nouvelles crises », a ajouté Moscou.

Les Affaires étrangères russes ont aussi fait savoir qu'elles s'attendaient, de la part de Kiev, à des changements à la Constitution, à la reconnaissance du russe comme langue officielle et à plus de neutralité politique.

Washington s'en mêle

Les États-Unis ont pour leur part exhorté le président russe à cesser de « déstabiliser » l'Ukraine, en affichant leur « inquiétude » face à « l'escalade » dans le pays due « aux pressions russes croissantes ».

« Nous sommes prêts à mettre en œuvre de nouvelles sanctions contre l'économie russe », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney.

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