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Les entreprises canadiennes seraient plus optimistes, selon la Banque du Canada

07/04/2014 12:55 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

OTTAWA - La plus récente enquête de la Banque du Canada au sujet de l'humeur des entreprises fait état de perspectives plus positives, ce qui pourrait être de bon augure pour les travailleurs canadiens.

Selon le document trimestriel de la banque centrale, qui interroge une centaine d'entreprises jugées représentatives de l'économie, les intentions d'embauche sont les plus fortes en près de deux ans et les dirigeants d'entreprises sont confiants de profiter de plus fortes ventes et de meilleures perspectives dans l'avenir.

«Les résultats de l’enquête du printemps donnent à penser que le redressement de l’économie américaine et la récente dépréciation du dollar canadien, conjugués aux efforts déployés par les entreprises pour créer de nouvelles occasions, contribuent aux attentes d’une amélioration des perspectives de croissance à l’avenir», a résumé la banque dans un aperçu des résultats de son enquête.

Les conclusions du sondage sont généralement conformes à l'amélioration de la confiance vis-à-vis de l'économie. Plusieurs économistes s'attendent à un rebond printanier de la croissance après le recul des derniers mois — attribué par plusieurs observateur au mauvais temps hivernal — et à une expansion se poursuivant de façon modeste pour le reste de l'année.

«L'optimisme croissant des entreprises canadiennes est un bon indice de la direction que prendra l'économie canadienne cette prochaine année», a estimé l'économiste Connor McDonald, de la Banque TD.

«De solides perspectives économiques pour les États-Unis et un plus faible huard continueront à soutenir les ventes à venir et contribueront à une modeste croissance canadienne.»

Mais tout n'était pas positif. Des entreprises ont indiqué faire face à une «forte concurrence», ce qui pourrait tempérer la croissance de leurs ventes, et d'autres ont mentionné que les hausses de prix attendues pour leurs intrants ne pourraient pas être complètement refilées à leurs clients.

L'enquête, qui prend le pouls des entreprises pour un large éventail de sujets, a été effectuée entre le 10 et le 17 mars. Ses conclusions sont quelques fois mentionnées dans les prévisions de la banque centrale et ses décisions au sujet des taux d'intérêt.

Dans une déclaration récente, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a indiqué qu'il porterait une plus grande attention aux éléments anecdotiques et aux résultats de tels sondages pour documenter les perspectives économiques de la banque.

Des analystes ont cependant estimé que les résultats du sondage n'étaient pas assez solides pour changer la position de neutralité adoptée par la Banque du Canada au sujet de ses taux d'intérêt, et ils croient qu'il faudra toujours attendre encore au moins un an avant d'être témoin d'une hausse du taux directeur.

L'enquête du printemps met en lumière un sentiment légèrement positif pour l'activité à venir, mais elle souligne aussi une amélioration des ventes dans les 12 derniers mois, ce qui renverse une réponse négative à ce chapitre il y a trois mois. Les volumes de ventes ont grimpé de façon plus importante cette dernière année pour 44 pour cent des répondants, contre 30 pour cent dans la situation contraire — un solde des opinions positif de 14 points.

Le solde des opinions était aussi positif pour ce qui est des attentes vis-à-vis une hausse des ventes et pour un autre sujet que la banque centrale juge crucial — celui des investissements en machines et en matériel.

En outre, les perspectives de l'activité d'embauche étaient bonnes. Pas moins de 53 pour cent des répondants ont dit s'attendre à accueillir de nouveaux employés au cours de l'année, contre huit pour cent qui croient devoir faire des mises à pied. Ce solde des opinions de 45 points est le plus élevé en près de deux ans.

«Les entreprises qui prévoient augmenter leurs effectifs attribuent cette décision à une certaine amélioration des perspectives de vente ou à des initiatives visant à favoriser la croissance», a indiqué la banque.

Malgré une hausse des pressions sur la capacité de production, des entreprises ont fait état d'un moindre niveau de pénuries de main-d'oeuvre ou de mauvaises assignations des compétences, ce qui vient appuyer un récent rapport du directeur parlementaire du budget sur ce sujet controversé. La banque a précisé que les pénuries étaient limitées à certains postes en particulier, ou encore à des compétences ou des régions.

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