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Le Rwanda commémore le 20e anniversaire du début du génocide

07/04/2014 09:30 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

KIGALI, Rwanda - C'est sur un fond de cris épleurés et de sanglots incontrôlables que des milliers de Rwandais se sont entassés lundi dans le principal stade sportif du pays à l'occasion de cérémonies marquant le 20e anniversaire du début du génocide de 100 jours.

Le président rwandais Paul Kagame et le secrétaire-général des Nations unies Ban Ki-moon ont allumé une flamme au Centre commémoratif du génocide de Kigali, qui estime que plus d'un million de Rwandais ont péri pendant trois mois de violences perpétrées essentiellement par des extrémistes hutus à l'encontre de la minorité tutsie.

«Alors que nous rendons hommage aux victimes, aussi bien les survivants que ceux qui ne sont plus parmi nous, nous saluons aussi l'esprit rwandais indomptable auquel nous devons la survie et le renouveau de notre pays», a lancé M. Kagame.

Les représentants du gouvernement français avaient toutefois été exclus de la cérémonie en raison d'une querelle avec M. Kagame, qui accuse l'ancienne puissance coloniale africaine d'avoir joué un rôle dans le génocide.

«Les gens qui ont organisé et exécuté le génocide étaient Rwandais, mais l'histoire et les racines vont bien au-delà de notre beau pays. C'est pourquoi les Rwandais continuent à réclamer l'explication la plus complète possible. Nous le faisons humblement, en tant que pays qui s'est presque détruit», a dit M. Kagame.

La planète a été contrainte d'admettre, depuis la fin de la tuerie, qu'elle n'a rien fait pour y mettre fin. Le chef de l'ONU a déclaré, lors d'une conférence de presse, qu'il espère voir la communauté internationale s'engager de nouveau envers le concept de «plus jamais», même si des symptômes génocidaires se manifestent ailleurs.

Plusieurs experts estiment que la République centrafricaine voisine est en danger, tout comme la Syrie.

La violence qui a déchiré le Rwanda est inimaginable. Des attaquants hutus ont incendié des églises dans lesquelles s'étaient réfugiés des centaines de Tutsis. Ailleurs, des militants armés de machettes ont massacré jeunes et vieux. Des centaines de fosses communes ont été creusées à travers le pays pour enterrer les victimes.

M. Kagame a réussi à rassembler son pays au terme des massacres. Son gouvernement a fait progresser les droits des femmes, le développement économique et les soins de santé. Ses détracteurs, dont Human Rights Watch, lui reprochent toutefois son attitude autoritaire, qui a vu plusieurs opposants être tués.

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