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Le pape approuve le maintien de l'IOR, la banque du Vatican

07/04/2014 05:10 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

Le pape François a approuvé une proposition pour le maintien de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), la banque du Vatican, qui réaffirme "l'importance de sa mission pour le bien de l'Eglise catholique", a annoncé lundi le Saint-Siège.

Le pape argentin a ainsi confirmé l'option qui semblait la plus vraisemblable: le maintien d'une institution allégée et mieux contrôlée. Les hypothèses d'une banque éthique, ou même d'une fermeture pure et simple, avaient été avancées et souhaitées par certains, en raison des activités de blanchissement d'argent sale du passé.

"Le Saint-Père a approuvé une proposition sur l'avenir de l'IOR, réaffirmant l'importance de sa mission pour le bien de l'Eglise catholique, le Saint-Siège et l'Etat du Vatican. L'IOR va continuer à servir avec prudence et à fournir des services financiers spécialisés à l'Eglise catholique dans le monde entier", selon un communiqué.

Grâce à la "confirmation de la mission de l'IOR" (...), le président de l'IOR, Ernst von Freyberg, nommé par Benoît XVI il y a treize mois, et sa direction vont pouvoir "finaliser leur plan pour assurer que l'IOR puisse remplir sa mission en tant que partie des nouvelles structures financières du Saint-Siège".

Ce plan "sera présenté au Conseil des cardinaux du pape (G8) et au nouveau conseil pour l'économie".

"Les services bénéfiques qui peuvent être offerts par l'IOR aident le Saint-Père dans sa mission de pasteur universel et assistent aussi les institutions et les personnes collaborant avec lui", a expliqué le Vatican.

Ses activités continueront à être placées "sous la supervision de l'Autorité d'information financière (AIF)" (organe de contrôle créée par Benoît XVI et renforcée par François), et "une structure légale et institutionnelle a été mise en place pour réguler les activités financières au sein du Saint-Siège et du Vatican".

Le cardinal australien George Pell, qui dirige le nouveau "secrétariat" (ministère) de l'Economie, a confirmé l'importance d'un "alignement" du cadre juridique et régulatoire du Vatican "avec les meilleures pratiques en vigueur au niveau international".

Dans une réaction transmise à l'AFP, le porte-parole de l'IOR, Max Hohenberg, a salué "une grande reconnaissance (par le pape) de la validité de notre mission de service et de travail accomplie pendant les douze derniers mois".

Il a énuméré les priorités de l'IOR désormais: "achever l'analyse (engagée par la société de consultants américaine, Promontory) de la clientèle et des données anagraphiques d'ici l'été prochain", "travailler à une meilleure intégration de l'Institut avec les différentes entités" du Vatican et introduire une série d'améliorations opérationnelles".

François s'est engagé à mener une réforme de l'IOR, une institution entachée dans le passé par de nombreux scandales, notamment le recyclage d'argent sale de la mafia. Il a confié à des experts et à des commissions des expertises sur les moyens de le rendre plus transparent.

L'IOR est un institut par lequel transitent les fonds des congrégations actives dans le monde entier.

Les institutions catholiques, les ecclésiastiques, les employés ou ex-employés du Vatican, les ambassades et diplomates accrédités peuvent avoir des comptes à l'IOR.

En janvier, les comptes de 55% des clients (soit environ 10.000) avaient déjà été contrôlés par Promontory.

Les comptes de clients qui ne rentraient pas dans ces catégories ont été fermés.

Fin décembre 2012, des fonds de clients, pour un montant total de 6,3 milliards d'euros, étaient gérés par l'IOR, qui disposait d'un patrimoine net de 769 millions d'euros.

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