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Lafarge et Holcim fusionnent pour créer un géant mondial du béton

07/04/2014 02:44 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT
Bloomberg via Getty Images
FILE PHOTO: A Lafarge cement mixer truck is driven from the refilling station at Lafarge SA's depot in Paris, France, on Thursday, Feb. 16, 2012. Holcim Ltd. and Lafarge SA agreed a merger to create the worlds biggest cement maker with more than $40 billion in sales and cut overcapacities and energy expenses. Photographer: Fabrice Dimier/Bloomberg via Getty Images

Le cimentier français Lafarge et son concurrent suisse Holcim ont dévoilé lundi un accord de fusion visant à créer le géant mondial incontesté du secteur du ciment, qui sera coté à Paris et Zurich, s'engageant notamment à céder des actifs pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence.

L'opération prendra la forme d'une offre publique d'échange lancée par le groupe suisse Holcim sur son concurrent français Lafarge, au taux d'une action Holcim pour une action Lafarge, ont précisé les deux groupes dans un communiqué commun, ajoutant espérer boucler la transaction au premier semestre 2015.

Le nouveau groupe issu de cette "fusion entre égaux", baptisé "LafargeHolcim", sera "positionné de façon unique dans 90 pays et réparti de façon équilibrée entre pays développés et pays à forte croissance".

Il sera dirigé par Wolfgang Reitzle (Holcim), futur président non exécutif, et l'actuel dirigeant de Lafarge, Bruno Lafont, qui deviendra le patron opérationnel du nouvel ensemble. Le conseil d'administration sera quant à lui réparti de façon "équilibrée" entre les deux groupes actuels, avec 7 représentants pour chacun.

L'opération, si elle aboutit, devrait donner naissance à un colosse incontesté, au sein d'un secteur encore très fragmenté. Ensemble, Lafarge et Holcim représentent un chiffre d'affaires combiné de 32 milliards d'euros, et un bénéfice opérationnel (Ebitda) de 6,5 milliards d'euros.

De plus, les deux cimentiers espèrent en se rapprochant dégager 1,4 milliard d'euros de synergies annuelles au bout de trois ans, dont un tiers devrait être réalisé dès la première année.

Cependant, les deux groupes devront passer sous les fourches caudines des autorités de régulation. Ils promettent ainsi "des cessions d'actifs dans le cadre d'une optimisation stratégique du portefeuille, tout en anticipant les demandes des autorités de régulation, représentant 10% à 15% de l'Ebitda du nouvel ensemble".

Les deux tiers des cessions seront réalisés en Europe. D'autres pays feront l'objet d'une attention particulière comme le Canada, les Etats-Unis, le Brésil et peut-être l'Inde et la Chine", a précisé M. Lafont lors d'une conférence téléphonique.

"Il n'y a pas de fermeture d'usine associée directement à cette transaction", a affirmé le patron de Lafarge. "Un désinvestissement, ce n'est pas une fermeture d'usine. C'est la cession d'un actif à un autre acteur", a-t-il ajouté.

Grâce à ces désengagements, les deux groupes espèrent obtenir rapidement le feu vert des autorités de la concurrence. "Nous allons entrer dès maintenant en discussion avec la Commission européenne et les autres autorités de concurrence dans un esprit constructif et nous avons confiance en l'aboutissement rapide de ces transactions", a assuré M. Lafont.

Cet accord de fusion a été conclu tambour battant. Vendredi dernier, les deux groupes avaient confirmé, suite à des informations de presse, être en "discussions avancées" en vue d'un tel rapprochement.

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