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Génocide: le Rwanda dénonce à l'Unesco l'attitude de l'Eglise catholique

07/04/2014 03:28 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le représentant du Rwanda à l'Unesco a dénoncé lundi l'attitude de l'Église catholique pendant le génocide de 1994, affirmant que "certains de ses membres ont couvert ces actions criminelles".

L'ambassadeur français auprès de l'Unesco, Philippe Lalliot, ne s'est pas exprimé lors de la cérémonie à la tribune de l'agence de l'Onu, contrairement à ce qui était annoncé au programme de la "Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994 au Rwanda".

"L'Église catholique, puissance morale, institution importante dans la vie internationale, s'est murée dans le silence", a déclaré l'ambassadeur du Rwanda en France et auprès de l'agence onusienne, Jacques Kabalé.

"Son abandon a été d'autant plus vivement ressenti que certains de ses membres ont couvert ces actions criminelles", a-t-il ajouté. "Plusieurs églises au Rwanda sont devenues aujourd'hui des lieux de mémoire des massacres de dizaines de milliers de tutsi venus y chercher refuge".

Le pape François a exhorté jeudi les évêques rwandais à savoir prendre "l'initiative" pour oeuvrer à la réconciliation nationale, en "renforçant les relations de confiance avec l'Etat" et en soutenant les familles blessées. Il a appelé l'Eglise catholique rwandaise à "parler d'une seule voix" en "dépassant les préjugés et les divisions ethniques".

De son côté, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a appelé à "tirer les leçons de ce drame". "Construire la paix c'est, il est vrai, tourner la page, a-t-elle dit. Mais avant de tourner la page il faut la lire et ne rien omettre, rien oublier, rien éluder des actions, de l'inaction de la communauté internationale".

Samedi, Paris avait annulé la participation de sa ministre de la Justice Christiane Taubira aux cérémonies à Kigali, après des accusations portées par le président rwandais Paul Kagame contre la France. Et dimanche soir, l'ambassadeur de France s'était vu retirer l'accréditation du gouvernement rwandais lui permettant d'assister aux cérémonies officielles ce lundi commémorant le génocide de 1994.

Le président rwandais s'en est à nouveau pris lundi, de façon à peine voilée, à la France sur son rôle toujours controversé durant les massacres, devant 30.000 personnes rassemblées à Kigali lors de la cérémonie officielle.

ial/nou/de

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