POLITIQUE

Élections 2014 - Les chefs à Ottawa réagissent à l'élection du Parti libéral au Québec

07/04/2014 10:18 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Les chefs politiques à Ottawa disent voir plusieurs messages dans le choix électoral des Québécois: le néo-démocrate Thomas Mulcair lit leur désir de mettre fin aux vieilles chicanes, alors que le premier ministre Stephen Harper et le leader libéral Justin Trudeau voit le rejet d'un troisième référendum.

Le premier ministre Stephen Harper a félicité Philippe Couillard par voie de communiqué lundi soir. «Au nom de notre gouvernement, j’aimerais transmettre mes plus sincères félicitations à Philippe Couillard pour sa victoire électorale, dit-il. Il ressort clairement des résultats que les Québécois ont rejeté l’idée d’un référendum et souhaitent un gouvernement qui sera concentré sur l’économie et la création d’emplois.»

Après l'élection du Parti libéral, avec Philippe Couillard à sa tête, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a félicité le gagnant, tout en faisant preuve de retenue. Il s'est seulement permis de souligner que les Québécois ont exprimé «leur désir de mettre fin aux vieilles chicanes».

Il a eu de bons mots pour son ancien collègue du Parti libéral du Québec.

«Ayant siégé au Conseil des ministres avec M. Couillard, je peux témoigner de sa compétence et de son engagement envers le Québec et envers ses institutions».

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a de son côté exprimé sans gêne sa satisfaction de voir l'élection d'un parti fédéraliste au Québec.

«Aujourd'hui, les Québécois et les Québécoises ont voté pour une économie plus forte, au lieu d'un troisième référendum, en élisant Philippe Couillard comme leur nouveau premier ministre», écrit-il dans un communiqué rapidement diffusé.

Et, tenant des propos à peine voilés sur la charte des valeurs québécoises proposée par le Parti québécois, le chef Trudeau se dit fier que ses compatriotes aient choisi de voir l'avenir sous le signe de l'unité et de l'acceptation d'autrui.

«Comme je l'ai répété depuis l'été dernier, j'avais l’intime conviction que les électeurs québécois rejetteraient les politiques négatives et porteuses de division du plan proposé par Mme Marois».

Selon le député libéral fédéral du Québec, Marc Garneau, c'est la perspective d'un référendum qui est responsable de la défaite du Parti québécois. Et pas la charte des valeurs «qui n'a pas vraiment été un enjeu dans la campagne».

Il dit accueillir avec «beaucoup de joie» la victoire de Philippe Couillard.

«Je suis heureux, bien sûr que ce soit un fédéraliste, je n'en ai pas fait de secret», a-t-il expliqué en entrevue lundi soir avec La Presse Canadienne.

«Les Québécois ont envoyé un message: ils se préoccupent de l'économie, de la sécurité d'emploi, de la sécurité de la vieillesse. Et ils ne veulent pas parler de référendum», a-t-il dit.

Il juge que le Parti libéral du Québec a bien cerné les enjeux qui préoccupent les citoyens.

De son côté, M. Mulcair assure que le nouveau premier ministre pourra compter sur la collaboration du NPD pour «faire valoir les intérêts du Québec à Ottawa», reprenant ainsi une formule fétiche du Bloc québécois.

Le député néo-démocrate Nathan Cullen s'était toutefois prononcé, bravant vraisemblablement les directives de son parti de ne pas commenter l'élection, dans un message écrit sur son compte twitter — et depuis effacé.

«Les Québécois ont rejeté de façon écrasante l'épouvantable politique raciale et de peur du Parti québécois. Chapeau!», avait-il écrit plus tôt en soirée.