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Des séparatistes pro-russes proclament l'indépendance de la région de Donetsk

07/04/2014 07:34 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

KYIV, Ukraine - Des séparatistes prorusses se sont emparés du bâtiment de l'administration régionale de la ville de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, et ont proclamé lundi une république indépendante — une tactique similaire à celle qui a mené à l'annexion de la Crimée par la Russie.

Selon l'agence de presse Interfax, ces militants ont appelé lundi à un référendum sur la souveraineté de la région de Donetsk, qui se tiendra au plus tard le 11 mai.

Dimanche, des foules prorusses avaient pris d'assaut des édifices gouvernementaux de Donetsk, Luhansk et Kharkiv, des villes qui se trouvent toutes dans l'est fortement russophone de l'Ukraine. Les responsables affirment que les assaillants semblaient tous armés. Le gouvernement tentait, lundi, de reprendre le contrôle de ces édifices.

À l'extérieur de l'édifice de Donetsk, une barricade de pneus et de barbelés à lames avait été érigée pour bloquer la police. Interfax cite des policiers de Donetsk selon qui un groupe armé a tiré des coups de semonce et tenté de prendre le contrôle d'un diffuseur régional, avant de battre en retraite quand les forces de l'ordre ont elles aussi tiré des coups de semonce.

«Après ça, les attaquants se sont enfuis vers une destination inconnue», auraient dit les policiers.

S'exprimant à la télévision, le président ukrainien intérimaire Oleksandre Tourtchinov a affirmé que les troubles qui frappent l'est de l'Ukraine sont le résultat d'une opération russe pour semer la discorde.

«Des mesures antiterroristes seront adoptées contre ceux qui ont pris les armes», a-t-il prévenu depuis Kiev, avant d'ajouter que le Parlement se rencontrera mardi pour discuter de punitions encore plus sévères contre le séparatisme.

Plus tôt pendant la journée, le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk avait accusé la Russie d'être responsable des troubles qui ont éclaté dimanche dans les provinces orientales du pays et de chercher à alimenter l'instabilité pour ensuite envoyer des soldats de l'autre côté de la frontière.

«Le plan est de déstabiliser la situation, le plan est de voir des soldats étrangers traverser la frontière et s'emparer du territoire du pays, ce que nous ne tolérerons pas», a-t-il dit.

Le ministère russe des Affaires étrangères a rejeté ces allégations, tout en répétant sa demande que l'Ukraine devienne une fédération informelle qui accorderait de larges pouvoirs aux provinces.

«Si les forces politiques qui se disent le gouvernement ukrainien continuent à adopter une attitude déraisonnable face au sort du pays et de son peuple, l'Ukraine fera inévitablement face à de nouvelles difficultés et de nouvelles crises», a déclaré le ministère par voie de communiqué.

M. Iatseniouk affirme que des forces russes sont toujours déployées à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Les forces de l'ordre ukrainiennes ont annoncé, le week-end dernier, avoir arrêté 15 hommes armés qui s'apprêtaient à prendre le pouvoir dans la province orientale de Luhansk. Les policiers ont saisi 300 fusils d'assaut, un lance-grenade antichar, plusieurs grenades, cinq armes de poing et des bombes incendiaires.

Des images mises en ligne montrent un militant prorusse inconnu, au siège du gouvernement régional à Donetsk, demandant au président russe Vladimir Poutine d'envoyer des soldats de maintien de la paix dans la région.

«Sans votre appui, sans l'appui de la Russie, il nous sera difficile de résister seuls à la junte de Kiev», lance l'homme référence aux autorités intérimaires qui ont pris la tête de l'Ukraine en février, après la fuite du président Viktor Ianoukovitch.

Deux parlementaires russes auraient toutefois affirmé que la Russie n'a aucune intention d'intervenir dans l'est de l'Ukraine. L'un d'eux a déclaré que la situation de la Crimée était totalement différente, pendant que l'autre indiquait que la Russie ne pourrait intervenir qu'avec l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU.

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