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Centrafrique: l'ONU appelle "toutes les parties à faire preuve de retenue"

07/04/2014 02:18 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le président de la Commission d'enquête des Nations Unies sur les violations des droits de l'homme en Centrafrique, Bernard Acho Muna, a appelé lundi toutes les parties à "faire preuve de retenue" dans la crise, à l'issue d'une mission d'un mois sur le terrain.

La commission, mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU, veut "mettre un terme à l'impunité" qui règne dans le pays.

M. Muna a souligné lundi "l'urgence pour toutes les parties de faire preuve de retenue dans la crise actuelle et dans l'appréciation des évènements en cours", selon un communiqué de l'ONU.

Le président de la commission s'est adressé tout particulièrement aux médias: "Le droit à l'information est un droit fondamental qui ne doit en aucun cas être confondu à la propagande qui, elle, ne fera qu'envenimer la situation", a-t-il dit.

Avant son départ pour Bangui, M. Muna, juge à la Cour Suprême du Cameroun et ancien procureur en chef adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda, avait prévenu qu'"un génocide commence toujours avec de la propagande incitant à la haine".

Pendant un mois, les enquêteurs ont rencontré les autorités de transition, les leaders politiques et religieux, la société civile, les représentations diplomatiques et internationales, ainsi que les forces militaires française et africaine.

Ils se sont également rendus en province, à la rencontre des populations victimes de violences.

La Commission, dont la période d'investigation s'étend du 1er janvier 2013 à aujourd'hui, remettra un premier rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en juin.

Elle devra notamment identifier les auteurs des violations et abus pour d'éventuelles poursuites en justice.

Depuis mars 2013 et le renversement du président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia, des crimes massifs ont été commis, en toute impunité jusque présent, contre la population en Centrafrique.

Ces crimes - meurtres, viols, vols, incendies d'habitations - ont été perpétrés aussi bien par les Séléka - majoritairement musulmans, au pouvoir jusque début janvier 2014 - que par les milices anti-balaka -majoritairement chrétiennes, formés en réaction aux exactions des Séléka -.

Depuis décembre et les tueries de masse dans la capitale, les anti-balaka avec dans leur sillage des bandes de pillards s'en prennent systématiquement aux civils musulmans, contraints à l'exode.

Selon l'ONU, la proportion des musulmans a chuté de 15% à 2% de la population totale de la Centrafrique depuis le début du conflit.

cl/de

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