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Afrique: les entreprises pas assez impliquées dans la lutte contre le paludisme (étude)

07/04/2014 12:30 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le secteur privé n'est pas assez impliqué en Afrique dans la lutte contre le paludisme alors que les entreprises auraient tout intérêt à investir contre cette maladie pour réduire l'absentéisme, selon une étude diffusée lundi.

"Les entreprises investissent encore de manière isolée et restent très souvent en dehors des processus d'élaboration et de mise en oeuvre des plans stratégiques nationaux de lutte contre le paludisme", estiment dans cette étude l'organisation Roll Back Malaria (RBM) et l'association See.

RBM, mis sur pied en 1998 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), vise à mettre en place des "actions coordonnées contre la malaria". See (Santé en entreprise) est une association d'entreprises françaises ciblant des actions à l'international contre sida, paludisme, diabète et maladies chroniques.

L'étude, qui porte sur les pays francophones d'Afrique sub-saharienne, relève que "seuls neuf pays sur 20 disposent d'une coalition nationale du secteur privé dédiée à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme".

Or l'implication des entreprises contre la malaria, une maladie causée par le parasite Plasmodium falciparum, transmis par les moustiques, est importante et bénéfique pour tous, souligne l'étude.

"Dans les pays endémiques, le paludisme est l'une des premières causes d'absentéisme en entreprise. La maladie entraîne des décès, des pertes de revenus pour les employés et leurs familles, et une augmentation des dépenses de santé", selon l'étude.

La Banque mondiale a estimé que le paludisme faisait perdre chaque année l'équivalent de 12 milliards de dollars au PIB du continent africain.

"Les pays qui ont obtenu des résultats dans le domaine de la santé et de la lutte contre le paludisme en particulier sont ceux qui ont notamment développé de bons partenariats avec le secteur privé", affirme l'étude qui cite des initiatives au Bénin, Cameroun, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali et RDC.

Au Cameroun, un programme privé anti-malaria mis en place depuis 2011 par une coalition d'entreprise (CCA/Sida) aurait permis de réduire l'absentéisme et d'accroître l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides, une des armes les plus efficaces contre la maladie.

Bien qu'étant une maladie évitable et dont on guérit, le paludisme est à l'origine de 627.000 décès en 2012, en majorité des enfants africains de moins de cinq ans, selon l'OMS.

Cette étude a été diffusée à l'occasion d'une réunion organisée mardi à Paris par See et RBM sur le rôle du secteur privé dans la lutte anti-malaria en Afrique.

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