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Viktor Orban, l'ancien dissident anti-communiste devenu maître de la Hongrie

06/04/2014 01:32 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

Autocrate ou héros de la nation ? Une chose est sûre: Viktor Orban, reconduit dimanche à la tête de la Hongrie, selon les sondages de sortie de urnes, a dirigé son pays d'une main de fer depuis 2010 et l'a polarisé autour de sa personne.

A 50 ans, le chef de gouvernement conservateur et populiste accapare presque seul la scène politique de la Hongrie, ancien pays du bloc communiste entré dans l'Union européenne en 2004.

Aucun adversaire ne semble en mesure de détrôner - au sein de son parti comme dans l'opposition - "le Roi Viktor", comme titrait récemment le magazine autrichien Falter.

Doté d'un certain charisme, mis en valeur par des adversaires de gauche soit un peu fades soit discrédités, Orban est surtout "un véritable animal politique", ne supportant ni la défaite, ni la contestation, souligne Laszlo Lengyel, politologue à l'Institut de recherche financière et politique de Budapest.

Ancien dissident libéral sous le communisme, il s'est rendu célèbre en prononçant des discours hostiles au pouvoir sur la Place des héros de Budapest à la fin des années 80, peu avant la chute du régime.

Il est l'un des 37 étudiants et intellectuels à avoir fondé le Fidesz en 1988. Il en pris la présidence en 1993, et a depuis étendu son contrôle du parti avec un petit cercle d'amis toujours à ses côtés aujourd'hui.

- Le pouvoir, Dieu et le foot -

Ces quatre dernières années, il a polarisé la société comme jamais depuis la fin du communisme, réduisant l'espace pour les débats à la portion congrue. Grâce à plus de 850 lois adoptées sans débats au moyen d'une majorité des deux tiers au Parlement, son parti a pris le contrôle de toutes les institutions et des contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi de l'économie, de la banque centrale et même de la culture.

Les critiques de l'Union européenne ou des Etats-Unis ne l'ont pas empêché d'arriver à ses fins, pas plus que les grandes manifestations populaires de 2011 et 2012.

Le Fidesz s'est approprié les symboles nationaux, et quiconque s'affirme contre le parti est accusé, peu ou prou, de trahir le pays. En 2002 déjà, juste après la défaite de son parti aux élections législatives, il avait déclaré: "la Nation ne peut pas être dans l'opposition!".

Chantre des valeurs chrétiennes, il a tenu à inscrire une référence à Dieu dans la nouvelle Constitution hongroise.

Viktor Orban est aussi connu pour sa passion du football, qui s'est traduite par la construction de stades ces dernières années, y compris dans la petite ville où il a grandi, Felcsut. La Hongrie est candidate pour accueillir des rencontres du championnat d'Europe de 2020.

"Il est de mauvaise humeur quand la Hongrie perd au foot", a raconté son épouse Aniko Levai, mère de ses cinq enfants, dans une récente interview. "Il n'aime pas perdre", a-t-elle également confirmé. "Un jour, après avoir perdu une course de ski contre moi, il a été voir les organisateurs pour leur demander une remise de prix séparée pour les hommes et les femmes".

bur-ilp/cs/ml

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