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Mondial-2014: Pas de révolution tactique à prévoir pour Maturana, l'apôtre du "toque"

06/04/2014 05:41 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

Francisco Maturana, sélectionneur de la Colombie des Coupes du monde 1990 et 1994 et apôtre du "toque", a confié à l'AFP que le Mondial au Brésil ne devrait pas être l'occasion de profondes révolutions tactiques.

Concepteur du "toque", ce jeu de redoublements de passes courtes qui a fait la renommée de la Colombie de Carlos Valderrama dans les années 1990, "Pacho" Maturana entraîne actuellement l'équipe saoudienne d'Al-Nasr. Il est membre de la Commission technique et de développement de la Fifa.

Q: Vous attendez-vous à des innovations tactiques lors de cette compétition ?

R: "Lors d'un Mondial, on a des équipes avec des techniciens qui n'ont pas les joueurs pendant trois ou quatre mois consécutifs (...) En outre, lorsqu'il y a un Mondial, les joueurs ne sont pas toujours dans les meilleures conditions parce qu'ils viennent de terminer les championnats locaux et ils doivent se reposer tout en se préparant avec leurs sélections. Pour cela, c'est difficile d'effectuer de grands chamboulements tactiques (avant la compétition). Le Mondial s'envisage plutôt comme une rencontre de cultures, une grande fête. Une rencontre où les cultures défendent leur identité."

Q: Les températures et l'humidité très variables selon les régions du Brésil peuvent-elles influer sur le rendement des joueurs?

R: "Non, je pense que cela ne peut pas constituer une excuse parce que si on organise un Mondial dans un endroit où il fait très froid, on va dire que c'est à cause de cela. Nous parlons de joueurs à haut rendement qui doivent se situer au-delà des circonstances. Cela influe, certes, mais ce n'est pas déterminant."

Q: Comment percevez-vous l'ambiance en Colombie et sur le continent sud-américain à mesure que la compétition approche?

R: "Le football revêt une dimension de phénomène social, culturel et politique déterminante. Il s'agit peut-être du phénomène le plus important dans ces domaines (en Colombie). On dit ici que la sélection nationale incarne la patrie. En général, quand la sélection d'un pays se porte bien, le reste suit. Au Brésil, on constate actuellement que des doutes s'élèvent, mais une fois que le ballon roule, tout se transforme en fête culturelle."

Q: Que représente pour la Colombie le fait de retrouver l'élite mondiale pour la première fois depuis 16 ans?

R: "J'ai eu le plaisir de voir que nous avons fêté cette qualification comme des gamins. Je pense que ces 16 ans nous ont servi pour savourer la valeur d'une qualification à un Mondial, parce qu'auparavant cela était devenu une routine et nous n'y accordions pas sa véritable valeur."

Q: Quels sont vos favoris pour la victoire finale?

R: "Cette histoire de favoris sert à enrichir le football à travers la discussion, mais il n'y a rien d'écrit dans le football. Le football n'est pas prévisible, c'est une chose qui se produit, qui ne se produit pas, qui se produit à moitié ou qui se passe mal. Le football n'est pas une chose simple qui permet de dire que tel joueur auteur d'une bonne performance la reproduira demain. Demain, il pourra faire mieux ou ne rien faire du tout."

Q: A quel point l'éventuelle absence de Falcao (blessé au genou) peut affecter les "cafeteros" colombiens?

R: "Cela peut influer si on fait croire au groupe que tout dépend de Falcao. Si tu penses que tu vas gagner grâce à un ou deux joueurs, tu es foutu. C'est un jeu collectif. Je pense que si, par exemple, le Brésil veut gagner le Mondial, il aura évidemment besoin des buts de Neymar, mais si au milieu Luiz Gustavo et Paulinho ne récupèrent pas le ballon, il est impossible que les autres marquent."

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