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Legault satisfait de son « anti-campagne »

06/04/2014 11:12 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

François Legault avait prévenu en début de campagne qu'il ne voulait pas « distribuer des bonbons » pour remporter les élections. Aujourd'hui, à la veille du scrutin, le chef de la CAQ est content de son « anti-campagne ».

Un texte de Lili Boisvert Twitter Courriel

Il a lutté contre le cynisme, estime-t-il, et les Québécois fatigués du « vieux débat souverainiste » peuvent maintenant avoir « du courage » et prendre « le beau risque » de porter au pouvoir un nouveau parti.

Mais tout n'a pas été rose, reconnaît-il. « Je ne vous cacherai pas que les premières semaines, j'ai eu un peu peur d'un détournement d'élection et qu'on se retrouve encore dans une campagne référendaire ».

Une campagne référendaire, dit M. Legault, c'est ce que souhaitait le chef libéral Philippe Couillard.

François Legault rappelle qu'au départ, il a fondé la CAQ pour que les Québécois puissent se sortir du paradigme fédéraliste-souverainiste. La CAQ compte à la fois des fédéralistes et des souverainistes, et la formule fonctionne puisqu'il n'y a jamais eu de chicanes internes au sein du parti, assure-t-il. « Les gens veulent faire avancer le Québec et c'est ça notre objectif. C'est ça la mission de la Coalition avenir Québec ».

François Legault présente sa campagne comme une histoire de succès dans l'adversité. Selon lui, la CAQ a réussi à faire valoir ses idées au cours de la dernière semaine et demie. « Je pense que les gens ne sont pas tombés dans le piège de la campagne de peur de M. Couillard et ne sont pas embarqués non plus dans l'électoralisme de Mme Marois qui voulait faire porter la campagne uniquement sur la charte. »

Baisse de taxe, Saint-Laurent et Isabelle

L'un des thèmes récurrents de la campagne électorale de la CAQ a été sa promesse de réduire la charge fiscale des contribuables de 1000 $ en abolissant progressivement la taxe santé et la taxe scolaire. L'objectif : permettre aux familles de consommer davantage et de faire rouler l'économie.

Lorsque Pauline Marois s'est elle aussi engagée en fin de campagne à réduire les impôts des particuliers et des entreprises une fois l'équilibre budgétaire rétabli, François Legault l'a accusé d'improviser et a affirmé que seule la CAQ avait un plan sérieux pour réduire la croissance des dépenses et réduire les taxes.

Dès le début de la campagne, M. Legault a avisé qu'il n'allait pas faire de promesses nécessitant de nouvelles dépenses (ce qu'il nomme « distribuer des bonbons »). Mais il s'est finalement ravisé et a promis qu'un gouvernement de la CAQ dépenserait 28 millions de dollars pour embaucher des professionnels chargés d'évaluer les enfants dans les garderies pour dépister les troubles d'apprentissage.

M. Legault a aussi beaucoup parlé de son projet Saint-Laurent au cours de la campagne, accusant au passage Philippe Couillard de l'avoir copié avec sa stratégie maritime, tout en jugeant que le projet libéral « manquait de vision ».

Une particularité de la campagne de François Legault n'a pas manqué d'attirer l'attention : la présence constante de sa femme, Isabelle Brais, à ses côtés. L'épouse de M. Legault était présente à tous les points de presse du chef de la CAQ, plaisantant parfois avec les journalistes et taquinant son époux. Si sa présence attire l'attention, c'est que, traditionnellement, les conjoints des chefs des formations politiques québécoises n'ont pas tendance à accompagner leurs époux partout en campagne électorale.

La présence de Mme Brais est une source de « réconfort » pour lui, dit François Legault. Mais elle n'est pas non plus tout à fait innocente, puisqu'elle montre le côté « émotif, personnel » du chef caquiste, son « côté givré », a-t-il lui-même admis.

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